Athanase François Yard voit le jour le 13 septembre 1876 à Boissay, dans le canton de Buchy.

Ses parents exploitaient une petite ferme où il passe une enfance triste et pauvre. A 12 ans, sa mère meurt des suites d’une fluxion de la poitrine à l’âge de 39 ans. Il est alors élevé par son grand-père puis, à 16 ans, il quitte travail familial et école pour entrer chez un huissier à Buchy en tant que « saute-ruisseau » (jeune clerc chargé des courses). Dès lors, il écrit ses premiers vers sur des cahiers d’écolier.

En 1898, profitant d’un héritage, il tente sa chance à Paris et en 1900, il publie son premier recueil « Dehors » sous le nom de Francis Yard. Il est alors surnommé « le Poète des Chaumes » à Montmartre et au Quartier latin.

 

Racines champêtres indélébiles

Mais, la vie parisienne n’aura qu’un temps, et en 1904 il revient en Normandie où il trouve un emploi de surveillant à l’école primaire supérieure de Montivilliers. Il sera instituteur d’abord à l’école de garçons d’Harfleur, puis à l’école Pasteur de Petit-Quevilly et enfin à l’école Leroy-Petit, place Saint-Paul à Rouen, jusqu’à sa retraite en 1931. Brevet élémentaire et certificat d’aptitude pédagogique seront ses seuls bagages.

Parallèlement à l’enseignement, il poursuit une carrière poétique marquée par le symbolisme, mais s’en distingue par sa sobriété de style. Avec ses « Armanaques », « L’Almanach Normand » qui réunit des proverbes, des dictons… il écrit aussi de courts récits et des contes, un genre qu’il développe dans son recueil des « Légendes et Histoires du beau pays de Normandie » qu’il illustre lui-même. Pendant une dizaine d’années, il travaille à un important répertoire linguistique, « Le patois de mon village ». Il refuse la légion d’honneur en 1932 et en 1933 et publie « Sur le Robec ». Il se met à boire à la mort de sa fille en 1936 et il vit ensuite dans la cabane de son jardin, dans un état de clochardisation, aidé seulement de quelques amis. Il publiera quand même « Mon Village » en 1945 et il mourra à Rouen des suites d’une congestion pulmonaire dans la crasse et la misère le 28 février 1947.

Montant vers le cimetière Monumental où il est enterré, une rue lui rend hommage avec une modeste plaque au n°19 qui rappelle son passage sur sa chère terre normande.

 

© Daniel Caillet, 2014