Le 12 juin 2007, P’tit Pat’ Rouennais organisait une visite guidée des « Eaux de Saint-Paul » divisée en plusieurs volets :

 

L’Eglise Saint-Paul

Construite sur les ruines de l’ancienne église prieurale édifiée par St-Romain en 1070 (spécimen de l’époque normande) qui dépendait de l’Abbaye Royale de Montivilliers jusqu’en 1650, seule subsiste l’abside, qui servira de sacristie à l’église actuelle. Bâtie entre 1827 et 1829 avec deux clochers ajoutés en 1890, elle est fermée au culte depuis 2000 et est en attente d’une décision. La démolition acceptée par le Diocèse, mais qui ne semble pas être décidée par la Ville de Rouen, actuelle propriétaire, s’inscrit dans le devenir du quartier Saint-Paul coincé entre la Seine, le Pont Mathilde, l’autoroute et la RN 15. Le contournement Est de Rouen apportera sans doute une réponse.

Le prieuré construit à l’emplacement de l’église actuelle accueillait des religieuses bénédictines de l’Abbaye Royale de Montivilliers ainsi qu’un Bailli. Les nonnes y séjourneront de 1266 à 1660. L’abbesse jouissait du privilège de Haute, Moyenne et Basse Justice.

 

Les anciens Thermes de Saint-Paul

Il est fait mention des « Eaux de Saint-Paul » pour la première fois en 1603. Elles regroupaient trois sources principales :

  • Saint-Paul (quatre jaillissements)
  • Voisin
  • Galopin

C’étaient des eaux dites « ferrugineuses » riches en fer et en magnésie qui « soignaient » l’anémie (les femmes qui venaient d’accoucher notamment), la digestion, le foie, la stérilité féminine… Elles étaient concurrentes de celles de Forges-les-Eaux aux propriétés à peu près identiques.

Un premier bâtiment construit s’écroule, puis un second, un charmant pavillon XVIIIe qui subsiste encore sera agrémenté d’une terrasse puis surélevé d’un étage. Le rez-de-chaussée est constitué d’une grande pièce encadrée de chaque côté d’estives (étuves) où l’on faisait chauffer l’eau dont on buvait jusqu’à 50 verres par jour et par personne. L’ambiance était joyeuse, une allée d’arbres descendait jusqu’à la Seine, on donnait de magnifiques fêtes, avec des bateaux éclairés par des lampions, des feux d’artifice, des jeux, des bals…

Puis l’affaire va péricliter, un médecin ayant déclaré que l’établissement était en fait une « manufacture à cocus » alors que Forges-les-Eaux perdurera car se trouvant plus à la campagne. A la révolution, nationalisation, vente à la Ville, installation d’une manufacture de textiles, avant que ne s’installent des cabarets de réputation douteuse.

Quelqu’un déclarera : « Avant le XVIIe siècle Saint-Paul était un lieu de prière Au XVe un lieu de santé Au XVIIIe un lieu de plaisirs Aux XIXe et XXe un lieu de travail »

 

L’Association Saint-Paul

En 1954 le Père de Valthaire, religieux assomptionniste, intervient comme aumônier à la Maison d’Arrêt, et constate le désarroi des détenus libérés qui pour la plupart ne savent où aller. Il récolte de l’argent auprès d’amis et bienfaiteurs, fonde son association le 15 Juin 1957 au 67 de la place Saint-Paul et achète les bâtiments petit à petit.

Actuellement, ce sont les pensionnaires actuels, RMIstes, personnes en difficulté pour de multiples raisons, qui rénovent dans le cadre d’un chantier de réinsertion l’ancien bâtiment de la ferme (qui sera successivement louée entre 1609 et 1691 à une quinzaine de fermiers et dont il reste quelques traces des anciennes écuries). Cette rénovation offrira 44 places d’hébergement sous forme de chambres individuelles avec salle d’eau attenante, le tout peint dans des couleurs très gaies. Au sous-sol, équipements collectifs, laverie, salles d’activités…

Avec en plus, 25 appartements en ville et des aides à la personne, l’association apporte une assistance à plus de 500 personnes actuellement.

 

 

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