Habitant depuis 1950 rue de la Pie au N° 10, une maison de 1580 sur 4 niveaux, Dominique, veuve maintenant, évolue au milieu de 200 000 (peut-être plus) clichés noirs et blancs.

Une femme toujours truculente que l’on écouterait des heures, une encyclopédie vivante.

Préparant sa retraite, sans informatique, elle classe et annote chaque photo. Une pièce entière de la maison n’est tapissée que de boites classées par pays, personnages, thèmes, événements, expositions… et aux quelles Dominique a un accès rapide après avoir consulté… son dictionnaire, un mode de référencement personnel qu’elle a inventé, sûr et efficace. C’est « le coup du dictionnaire ».

Dominique a conservé ses outils de travail, c’est-à-dire une quinzaine d’appareils Canon, tous de vieux modèles.

Outre les reportages de mariages (dont le nôtre il y a 33 ans !), elle a été (avec Williams son mari) le photographe attitré du Parti Communiste d’où la quantité impressionnante de clichés sur toutes les municipalités environnantes de Rouen pour qui elle prépare et donne des lots de photos les concernant. Elle s’est débarrassée de tous les reportages familiaux.

En fait, assez peu de photos sur la ville de Rouen. Malgré tout, elle nous a proposé d’essayer de répondre aux demandes que P’tit Pat’ Rouennais pourrait ponctuellement lui faire.

Après avoir été une quarantaine sur Rouen, les photographes professionnels disparaissent un à un et ne sont plus que quatre actuellement. Dominique participe toujours à des expositions et ses livres sont toujours disponibles, notamment « Rouen au fil du regard ».

Pour mémoire, elle occupe également la maison du N° 8 rue de la Pie, datée de 1673. Les deux maisons à pans de bois jouxtent la maison de Corneille qui a dû connaître l’ »Auberge du Cheval Blanc » alors au N° 10.

Au décès de Dominique, ces deux maisons seront sans doute vendues ensemble. Espérons que l’on saura alors préserver ce patrimoine inestimable.

S’agissant du fonds photographique, aura-t’on la bonne volonté de ne pas le disperser, comme le fut celui de Bernard Lefebvre dit « Ellebé » réparti entre les Archives Départementales de Seine-Maritime et le musée Nicéphore Niepce de Châlon-sur-Saône ?