Légendes urbaines en Normandie : on vous raconte l’histoire du bateau fantôme de Dieppe

Dans le quartier du Pollet à Dieppe, une légende a traversé les siècles. Celle d’un bateau fantôme qui viendrait hanter les pêcheurs et les habitants le jour de la Toussaint.

Dans le quartier du Pollet à Dieppe, l’histoire de « La Belle Rosalie », un bateau fantôme, hante les habitants depuis des siècles.

Voici le troisième épisode de notre saga sur les légendes urbaines en Normandie. Cette fois-ci, on vous raconte l’histoire du bateau fantôme de Dieppe (Seine-Maritime) qui aujourd’hui, encore, hante les esprits et ruelles de la ville.

Un bateau avec des squelettes à bord

Cette histoire a-t-elle inspiré le scénariste du film Pirate des Caraïbes, avec son bateau fantôme?  C’est en tout cas ce qu’on pourrait penser à la lecture de ce récit.

Depuis des siècles, la légende raconte que dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, des habitants du quartier du Pollet, ont entendu un drôle de bruit. Ils ont alors aperçu un chariot tiré par huit chevaux blancs. Un spectacle maudit puisque tous ceux qui osaient regarder l’attelage pouvaient mourir !

Le lendemain, jour de la Toussaint, la mer était déchaînée. Tout d’un coup, le guetteur du sémaphore aperçut au loin, un imposant bateau aux grandes voiles blanches. En regardant de plus près, il s’est rendu compte qu’il s’agissait de « La Belle Rosalie« , un trois mâts. Le hic ? Celui-ci a été totalement détruit lors d’une tempête… un an auparavant. Des restes du navire avaient même été retrouvés sur la plage.

Puis, le bateau approcha des côtes dieppoises, et la mer s’assagit pour laisser place à un épais brouillard qui traversa la commune.

Tony Laloyer, conteur professionnel depuis plus de 20 ans dans le quartier du Pollet poursuit :

Le navire, emprunta alors le chenal pour se rendre jusqu’à l’église Notre-Dame-des-Grèves, s’y arrêta, puis fît demi-tour pour repartir doucement en mer.

À bord de ce vaisseau fantôme,  » il y avait des squelettes des marins disparus, dont les familles n’avaient pas fait de prières ». Et chaque année, ils revenaient. Une sorte de malédiction.

L’histoire de La Belle Rosalie fait partie des légendes urbaines au cœur du quartier du Pollet à Dieppe. (©Les Informations Dieppoises)

Malheur à qui le regarde

Comme de nombreuses légendes urbaines, de grands malheurs arrivaient à ceux qui osaient regarder ce bateau fantôme. Les habitants du quartier du Pollet fermaient d’ailleurs portes et fenêtres pour ne pas se laisser tenter par la vision de ce spectre.

De leur côté, les pêcheurs n’allaient pas chercher leurs victuailles en mer ce jour-là. Pour cause : ils étaient condamnés à ne remonter que les ossements des marins disparus « dont l’âme était toujours coincée ».

Difficile de dater cette légende « mais selon les archives, on la raconte depuis les années 1800 » assure le spécialiste. De nos jours, elle fait encore beaucoup parler dans la région, et nourrit quelques ouvrages littéraires comme celui de Robert de la Croix Vaisseaux fantômes. Certains habitants continuent même à fermer leurs fenêtres le jour de la Toussaint. On ne sait jamais :  » La Belle Rosalie » peut refaire surface et lâcher des sorts sur son passage.

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© Daniel Caillet, 2018