Connaissez-vous Antoine Durenne ?

Né en 1822 à Sommancourt, décédé en 1895, il a laissé de nombreuses traces de son passage à Paris mais aussi de façon moins visible à Rouen.

Après l’Ecole des Arts et Métiers d’Angers et celle des Beaux-Arts, il fut l’un des fondateurs de l’Ecole nationale des Arts Décoratifs et cofondateur de l’Union Centrale des Beaux-Arts appliqués à l’Industrie, ce qu’on appelle de nos jours « Design » et dont la devise est

 

« Faire du beau dans l’utile »

Il rachète en 1857 l’usine Viry de Sommevoire pour augmenter sa capacité de production, faisant de la fonte une matière d’art en collaborant avec des artistes réputés comme Bartholdi et en permettant à l’entreprise d’occuper une place prépondérante.

Le monde entier acquiert ses bronzes et ses fontes et il est récompensé aux expositions universelles de Paris en 1867 et 1900 et de Vienne en 1873.

Certaines de ses œuvres agrémentent toujours les plus grandes villes comme le pont Alexandre III à Paris ou la fontaine du Capitole à Washington…

D’autres, plus modestes, ont équipé et agrémenté d’autres cités, lampadaires, porte-caténaires, kiosques, fontaines et autres mobiliers urbains. Deux éléments, sont encore présents à Rouen, un porte-caténaire place du 39e RI et un lampadaire, place des Chartreux.

En effet, entre 1871 et 1877, Rouen se dote d’un réseau de tramways desservant entre autres cette place en passant par la rue Armand Carrel, ce qui nécessite un ensemble d’équipements urbains. C’est Durenne qui emporte le marché et couvre les 70 km de lignes.

Deux styles de poteaux ornés des armoiries de Rouen à base carrée ou ronde ont dès lors cohabité. La première base n’est visible que sur de rares photos antérieures à la seconde guerre mondiale. Si vous êtes curieux, peut-être aurez-vous le bonheur de découvrir au détour d’une rue, un de ces poteaux de la Belle Epoque ou un de leurs petits frères ?

 

© Daniel Caillet, 2015