René Dumesnil dit de Marcel Dupré : « Son œuvre est considérable, mais ce n’est pas seulement aux ouvrages publics qu’il doit une réputation universelle: son talent d’improvisateur fut reconnu en tous lieux du monde, pour l’un des plus extraordinaires dont un musicien ait été doué, et l’on a souvent regretté que cette musique édifiée sur un thème donné se soit évanouie à mesure qu’elle naissait. ».

Organiste, improvisateur et compositeur français précoce, né le 3 mai 1886 à Rouen au n°16 de la rue du Vert Buisson (en témoigne une plaque commémorative), dans une famille de musiciens, son père qui s’exerçait sur son orgue Cavaillé-Coll, deviendra en 1911 titulaire des grandes orgues de l’abbatiale Saint-Ouen, tandis que sa mère, pianiste et violoncelliste, avait fait de la musique de chambre avec Mendelssohn. A quatre ans, atteint d’ostéomyélite, il doit subir l’ablation de la clavicule droite et garder le lit pendant plus de six mois.

 

De Saint Vivien à l’Albert Hall

A huit ans, il donne son premier concert public à Elbeuf. A douze ans il devient titulaire de l’orgue de Saint-Vivien et à 16 ans, il entre au Conservatoire de Paris. Il sera premier prix de piano en 1905, d’orgue en 1907 (l’année où à la suite d’un accident, il a la main droite immobilisée et avec beaucoup d’imagination, s’exerce à perfectionner son jeu de pieds par des exercices très complexes), et de fugue en 1909. En 1914, il devient Grand Prix de Rome mais la guerre l’empêche d’aller séjourner à la Villa Médicis. En 1920, Marcel Dupré devient concertiste, donnant des récitals dans le monde entier. En 1926, il est nommé professeur d’orgue au Conservatoire de Paris où il enseignera pendant 28 années, et en 1934 il devient titulaire à St Sulpice à Paris. Sa renommée ne cessant de grandir jusqu’en 1939, il fait le tour du monde avec 40 concerts en Australie et 60 aux États-Unis et au Canada, dont l’intégrale de Bach à Montréal. En 1956, il est élu membre de l’Institut de France et la même année, un grand oratorio, « La France au Calvaire », sur un poème de René Herval, est exécuté le 25 juin pour l’inauguration de la réouverture de la cathédrale. Egalement auteur de nombreux ouvrages techniques, il donne son dernier concert en public à l’âge de 85 ans à l’Albert Hall de Londres avant de décéder le 30 mai 1971 à Meudon où il s’était installé en 1925.

 

© Daniel Caillet, 2015