Depuis longtemps, on fait et refait le même constat désolant pour l’église Saint André aux Febvres (les forgerons) de la fin du 15e siècle, dont ne subsiste que la « tour » à la fois gothique et Renaissance. Le clocher était finement sculpté à l’origine, jusqu’à ce qu’un ouragan le renverse le 25 juin 1683. La nouvelle rue de l’Impératrice (rue Jeanne d’Arc actuelle) ouverte il y a un siècle et demi, a eu malheureusement l’idée saugrenue de passer en plein milieu de la nef, mais deux travées auraient pu être épargnées. Le vitrail de l’Arbre de Jessé, d’abord remonté dans l’église St Vincent, rescapé, est aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts. On voulut alors mettre en valeur le peu qui restait en créant un square au pied de la tour et en remontant quelques anciennes façades, toutes incendiées en 1944. 69 ans après, il n’est peut-être pas encore trop tard pour redonner une apparence convenable à ce vestige en le débarrassant enfin de ses inesthétiques et illusoires protections de ferraille et d’une végétation parasite nocive. La pose d’une plaque explicative serait aussi la bienvenue.

Lors de notre visite du 20/12/2009, il s’agissait de faire un état des lieux de ce phare de la ville. L’idée de P’tit Pat’ Rouennais était simple. Nous écrivions à l’époque : « Si les niveaux supérieurs sont en mauvais état et d’accès dangereux, il est possible par contre de monter sans difficultés jusqu’à un premier palier que les Rouennais pourraient découvrir à l’occasion, par exemple, de futures Journées du Patrimoine. Il suffirait d’un bon nettoyage et de poser quelques grillages pour éviter l’intrusion des pigeons qui ont trouvé ici un refuge inespéré en plein centre-ville. »

A la fin de l’année 2013,  nous avions appréciés  les travaux réalisés par la Ville qui semblaient conforter notre idée d’ouvrir le monument au plus tôt.

Malheureusement… Si au début 2014 les travaux de consolidation ont repris, la lenteur de toutes les interventions depuis quelques années montre à l’évidence qu’il s’agit d’un sujet mineur pour les responsables rouennais. Faudra-t-il attendre le 22 e siècle pour, qu’enfin, ce chantier devienne prioritaire dans une cité qui se targue d’être labellisée « Ville d’art et d’histoire ».

 

 

 

 

 

 

Jadis, quand un privilégié avait réussi le même exploit !

Collection Nicolas Niger