L’église Saint-Maclou, sa tour lanterne et ses cloches

Commencée en 1436, l’église Saint-Maclou a été consacrée en 1521 par le Cardinal Georges II d’Amboise, archevêque de Rouen. Elle fut construite sur les ruines des deux églises précédentes détruites en 1200 pour la première et en 1436 pour la seconde.

Depuis les bombardements du 4 juin 1944, des campagnes successives de travaux ont eu lieu, visant d’abord à sauver l’église de l’effondrement, puis à la rouvrir peu à peu jusqu’en 1980, date à laquelle elle fut totalement rendue au culte.

La tour lanterne, ébranlée et fragilisée, avait été sommairement étayée. Des fenêtres avaient été murées. A l’intérieur, des poutrelles métalliques l’étayaient, mais la tour n’éclairait plus la nef, ce qui était sa raison d’être.

Après huit ans d’études, les travaux de consolidation ont repris en 2001, grâce à l’aide financière de la ville, du département et de la région. Aujourd’hui on peut admirer l’église et sa flèche de 82 mètres telle que l’avaient voulue les bâtisseurs du XVe siècle.

 

 

Les cloches

Au fil des temps, les cloches de Saint-Maclou ont été au nombre de six au XVIe siècle puis douze en 1750. Aujourd’hui elles ne sont plus que cinq. L’Etat et la ville, aidés par le député de la circonscription, ont permis leur réhabilitation, demandée instamment par la paroisse et l’association « Les amis de Saint Maclou ».

Les cloches ont été sablées, nettoyées, polies et accordées. Elles sont des voix importantes dans le cœur de tous les croyants. Elles rythment la vie de tous les jours, sonnent les heures, appellent les paroissiens aux différentes célébrations, mais aussi aux événements civils ou en cas de graves dangers.

 

Le symbole de la tour lanterne

Toutes les églises au Moyen Age sont orientées est-ouest, le chœur se situant à l’est et le porche d’entrée à l’ouest. Le fidèle vient des ténèbres et marche vers la lumière du Christ ressuscité, au soleil levant.

Ce symbolisme de la lumière inspira tous les bâtisseurs. Il fallait des églises illuminées par l’éclat de Dieu et cela ne répondait pas seulement à des raisons pratiques. Le style gothique permit ces fenêtres hautes, garnies de verrières, au début du XIIIe siècle. On cherchait aussi à faire des églises plus hautes, pour mieux exprimer la transcendance de Dieu et l’élan vers le ciel qui devait inspirer la communauté.

La recherche de la lumière et de l’essor vers le ciel, explique probablement pourquoi les bâtisseurs normands aimèrent construire des tours lanternes, tours creuses éclairant l’église à la croisée du transept : un axe de lumière unissant la terre au ciel.

La tour lanterne qui éclaire à nouveau l’église permet de retrouver l’intention de l’architecte et ce que ressentirent des générations et des générations de fidèles.

Extrait de « Saint-Maclou : une église enfin restaurée » de D. Cyrot, J-J. Sylvestre avec le concours d’A. Robinne in Rouen Forum (juin 2007).

L’inauguration de la fin des travaux de restauration de la flèche et de la tour lanterne a eu lieu le 23 juin 2007, après 63 ans d’obscurité et de silence.

Autre bonne nouvelle : l’affectation d’un gardien permet à St Maclou de retrouver enfin le public.