Camille Cé, Camille Chemin pour l’état civil, est né à Rouen le 26 octobre 1878.

Issu d’une famille de drapiers elbeuviens au XVIIIe siècle et de notaires rouennais au XIXe, il est le fils d’Amand Chemin, Armand Menich en littérature. A la fois poète et écrivain, il décèdera à Paris le 12 juin 1959.

 

Le Rouennais « manchot »

Professeur agrégé au lycée de Cherbourg de 1905 à 1909, il collabore à cette époque à la « Revue d’études normandes ». La Manche l’honorera bien plus tard en l’élisant membre correspondant de la Société nationale académique de Cherbourg en 1954. Il sera aussi rédacteur en chef de la revue « Les Normands de Paris. A Rouen une plaque avec un médaillon le représentant a été apposée sur sa maison natale au n°12 bis de la rue de l’École pour perpétuer sa mémoire.

Il aimait à dire qu’ « accoler le mot normand à un nom d’artiste, ce n’est pas réduire son talent mais au contraire l’enrichir d’une dimension supplémentaire ». Certains ont pu le comparer à Maupassant.

Professeur d’anglais à Rouen au lycée Corneille, puis au lycée Saint-Louis de Paris, il est co-auteur avec Jean Gaument, alias Ferdinand Verdier, de romans et de contes se déroulant dans la région rouennaise. Sa production est marquée par un souci constant de mettre en valeur les tournures de langage et le vocabulaire normand avec pour thèmes principaux, la vie des humbles, des artistes, les drames sentimentaux, l’exotisme, le fantastique (« Le Fils Maublanc », distingué par l’Académie française). Critique littéraire, il est l’auteur d’un ouvrage d’analyse sur l’œuvre d’Edouard Estaunié, d’une inspiration proche de la sienne. Le dramaturge Robert de Flers lui confiera en 1925 « Vous avez écrit cinq ou six fois le roman de la détresse humaine ». Il est également l’auteur de traductions anglaises comme « Le Roi Lear » et du manuel « English Alive ».

 

© Daniel Caillet, 2017