C’était autrefois un seul axe sud-nord arborant avec fierté ses beaux hôtels classiques Louis XIII. Au sud, la rue du Sacre, nom qui proviendrait d’une enseigne d’auberge déjà connue en 1496, devint momentanément rue Jean Bart en 1794.

Les Bézuel, famille de parlementaires rouennais en vue au 17e siècle, ont fait édifier un étonnant hôtel particulier d’inspiration flamande en brique et pierre aux n°s 5 et 7, construction de facture assez lourde récemment restaurée avec une façade « Monument Historique » et un magnifique portail sculpté. Juste en face au n°6, on pouvait lire encore récemment l’inscription « Pains d’épices » de la boulangerie pâtisserie que fréquentait la famille de Marcel Duchamp.

Au-delà de la rue St Patrice, la rue devient rue du Moulinet, un nom en rapport avec un petit moulin activé par les eaux de la fontaine Gaalor.

En enfilade, on remarque sur le côté gauche, plusieurs hôtels particuliers.

Celui de l’Armée ou de l’Etat-Major, édifié au 18e siècle, inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et caractéristique par sa toiture en carène de bateau inversée ; juste après, du 17e siècle, celui de Franquetot, président du Parlement de Normandie, dit aussi Hôtel de Bailleul.

Puis, on rejoint le boulevard par la rue Alain Blanchard (Blanchart dans les actes originaux) ouverte en 1838, près de l’ancienne tour Bigot qui faisait partie des remparts sur un terrain jadis occupé par l’hôtel du marquis de Martinville, maire de Rouen de 1821 à 1830.

 

Héroïque arbalétrier

 

Capitaine courageux des arbalétriers de Rouen, Blanchard se rendit célèbre pour son dévouement dans la défense du Vieux Château. Résistant avec énergie, il dut après un rude combat, capituler devant Henri V, roi d’Angleterre qui était venu en 1418 mettre le siège devant Rouen. Il défendit la ville avec bravoure et résolution, en retardant la prise. Les Anglais exigèrent lors de la reddition, que trois notables soient livrés pour être exécutés. Deux d’entre eux rachetèrent leur vie en payant une rançon, mais sans fortune, Blanchard fut quant à lui, décapité. Il alla au supplice en disant : « Je n’ai pas de bien, mais quand j’en aurais, je ne l’emploierais pas pour empêcher un Anglais de se déshonorer. ».