A Rouen, le musée de la ferronnerie est plus connu sous le nom de « Secq des Tournelles ».

Intéressons-nous plutôt à son créateur. Jean-Louis Henri Le Secq des Tournelles nait en 1818 dans un milieu aisé. Artiste peintre, après un passage dans les ateliers du sculpteur Pradier et des peintres Granger et Delaroche, il rencontre en 1840 Gustave Le Gray, futur complice de ses débuts en photographie.

Il expose ses premières œuvres au Salon de 1842 et aborde la photographie vers 1848 avec des portraits. Il flirte ensuite avec l’architecture en photographiant des cathédrales qui seront l’un de ses thèmes de prédilection avec les paysages.

Sélectionné en 1851 par la commission des Monuments Historiques pour une mission dans l’Est de la France, il suit les premières démolitions parisiennes en immortalisant de nombreuses maisons avant qu’elles ne disparaissent. Il participe à l’Exposition Universelle de 1855 et ne cesse de mêler ses trois passions, peinture, photographie et architecture.

 

Un étonnant « savoir fer »

Adoptant des formats toujours plus grands, il se livre à de surprenantes études de terrains et de sous-bois. Son fonds d’atelier sera légué à la Bibliothèque des Arts décoratifs de Paris en 1905 et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine conserve aujourd’hui, épreuves et négatifs de la commande de 1851. Et à l’automne 1986, on rend hommage à l’un des premiers calotypistes français en dévoilant une œuvre longtemps inédite, environ 400 négatifs sur papier ciré et 700 épreuves sur papier salé.

Quant à sa collection de ferronnerie débutée en 1862, elle sera poursuivie après sa mort en 1882 et elle fait de bonheur des visiteurs du Secq des Tournelles.

Car ne se contentant pas d’amasser des trésors, il avait aussi transmis la manie de la « collectionnite » à son fils. Difficile d’imaginer les merveilles accumulées par ces amoureux du fer. Les enseignes ouvragées dominent des coffres bardés de renforts, les briquets succèdent aux lits à baldaquin, les dés à coudre aux balustrades.

Gagnés par la fascination des « Le Secq des Tournelles » pour un matériau aux mille métamorphoses, on a envie de les remercier d’avoir partagé leur dévorante passion en léguant leur collection à la ville en 1921.

 

© Daniel Caillet, 2017