Notes rédigées à partir de la visite au musée de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Lyon en décembre 2008 par un ancien membre de l’association P’tit Pat’ Rouennais.

 

L’origine semble remonter au Moyen-Age en Italie. En 1204, à Rome, le pape Innocent III créa un hôpital destiné aux enfants abandonnés, suite à la découverte dans le Tibre de nombreux cadavres de nouveau-nés. Il est rapporté « qu’au dehors de cet hôpital, il y avait un tour avec un petit matelas dedans pour recevoir les enfants exposés ».

Le décret du 19 janvier 1811, dit « Charte des enfants trouvés » va donner la législation de référence pour tout le XIXe siècle. Un hospice doit être créé dans chaque arrondissement. Un tour doit y être aménagé. Après le constat de dépôt, l’enfant abandonné devra être enregistré dans un registre.

Béziers avait déjà un tour depuis 1714, Bordeaux en 1717, Valenciennes depuis 1779. Le tour de l’hôpital des Enfants-Trouvés de Paris date de 1800, supprimé en 1863.

A Lyon, l’enfant reçoit un sceau, d’abord en plomb, puis en étain jusqu’en 1843. Il est remplacé par un anneau d’oreille en argent poinçonné, puis en 1878 par des jetons d’os.

Entre 1804 et 1805, l’hôpital reçoit de 1083 à 1505 enfants, ce qui est énorme.

En 1843, parallèlement au tour, un « Bureau ouvert des enfants » est créé. Cette disposition sera généralisée, en France, en 1860 pour remplacer les tours à bébés.

Le tour de Lyon est abandonné à partir de 1858, puis disparaît définitivement en 1870.

Entre 1833 et 1845, 185 tours disparurent de France pour être remplacés par des « Bureaux ouverts ».

 

A Lyon, le « Bureau ouvert » durera jusqu’à la démolition de l’hôpital de la Charité en 1934, puis en 1960, il est supprimé à l’Hôtel-Dieu.

(Voir : « Aux marges de la famille et de la société », Filles-mères et enfants assistés à Lyon au XIXe siècle. Guy Brunet, L’Harmattan ; mai 2008 ; 244 p.)

 

© Daniel Caillet, 2015