Le 1er théâtre des Arts

En 1773, François Gueroult sollicite l’autorisation de construire un théâtre à l’emplacement de la « Petite Boucherie ». Cette requête est acceptée, et le 14 juillet 1774, Mr de Crosne, intendant, pose la première pierre du « théâtre de Rouen » avec le maire et les échevins.

L’inauguration a lieu le 29 juin 1776. Situé entre le cours Boieldieu, les rues Grand Pont, de la Comédie et des Charrettes, c’est un vaste et bel édifice. Règlementairement, 1868 places, mais 2000 sans problème en cas d’affluence particulière. Et une scène de 22 m de profondeur ! Rebaptisé « théâtre de la Montagne » le 28 brumaire an II (18 novembre 1793) jusqu’au 6 nivôse an II, date à laquelle le « théâtre des Arts » nait officiellement.

Etablissement emblématique de la cité, il est complètement détruit le 25 avril 1876 lorsque le manteau d’Arlequin s’enflamme à la suite d’un jet de gaz. L’incendie se propage dans tout l’édifice en faisant de nombreuses victimes.

 

 

Le 2ème théâtre des Arts

Très vite, on pense à la reconstruction et le projet de Louis Sauvageot qui présentait un projet hors concours est adopté. Le nouvel édifice est inauguré le 30 septembre 1882 au même emplacement que le précédent, mais avec une façade parallèle à la rue Grand Pont. Un peu moins spacieux, mais 1600 places tout de même. On a retenu la leçon et un rideau de fer plein peut isoler la scène de la salle en quelques secondes.

Le 9 juin 1940, un premier obus rue des Charrettes met le feu au théâtre qui subit de gros dégâts notamment au niveau de la scène, de la réserve des décors et de la machinerie devenue inutilisable. Il sera définitivement « ruiné » dans les deux sens du terme en mai 1944 par les bombardements de la semaine rouge qui visaient les ponts. La décision de démolition est prise l’année suivante.

 

 

 

 

Le 3ème théâtre des Arts

Les travaux connaissent de nombreuses vicissitudes. Commencés en 1953, arrêtés puis repris à la fois en 1956 et en 1959, ils s’achèvent enfin et l’inauguration a lieu le 11 décembre 1962. D’abord placé sous le régime de la régie municipale, l’Opéra de Rouen est depuis 2004 un EPCC (établissement public de coopération culturelle).

D’aspect massif et froid, cette troisième mouture n’a pas recueilli un consensus général avec son ossature en béton et malgré sa façade en marbre.

Dès la fin des années 1990, le constat est sans appel : la machinerie est usée, vétuste et dangereuse et des travaux au niveau de la cage de scène doivent être entrepris. Ils se feront de juillet 2005 à mai 2006, dégageant un « bloc scène » large de 30 m, profond de 20 m et d’une hauteur de 32 m, soit 10 étages d’un immeuble standard.

Doté d’une salle à l’italienne de 1350 places rénovée en 1992, souhaitons qu’il continue malgré tout, dans la tradition, à véhiculer une culture bien malmenée de nos jours.