Eloi, maréchal-ferrant puis orfèvre, devint évêque en 642 et une église lui fut consacrée. D’abord une simple chapelle bâtie sur une île au milieu du fleuve. Puis, une petite église qui « n’avait rien de remarquable » lui succède au 13e siècle avant la construction de l’édifice actuel dont le commencement des travaux remonte au 16e siècle.

Le 17e siècle verra le couronnement de l’église par un clocher surmontant la tour de 1580. Sans doute en colombages à l’origine, il sera plus tard recouvert d’ardoises à l’époque de la transformation radicale de l’église qui, de style gothique, devient baroque avec un chœur en marbre et des colonnes à chapiteaux corinthiens surmontées d’entablements ornés de feuilles d’acanthe. Fermée en 1791, elle devient magasin de fourrage puis fabrique de plombs de chasse en 1793. Lorsque les protestants en prennent possession en 1803, elle est en très mauvais état et de pittoresques échoppes sont établies contre ses murs. A l’intérieur, l’orgue du 16e siècle très détérioré, est remplacé en 1731. Il fera l’objet d’une réfection complète en 1808 par le facteur d’orgue Louis Godefroy et d’une nouvelle restauration vers 1970.

 

« Rue de la marquise »

La rue pavée et ses maisons à pans de bois n’ont pas été épargnées par les bombes et les incendies de la « Semaine Rouge ». Derrière le temple ré-ouvert au culte en 1950, disparaissait ainsi la belle façade du 17e siècle de la Compagnie Générale des Papiers.

La reconstruction accentuera encore davantage le désastre en rasant la totalité de l’îlot compris entre les rues St Eloi, d’Harcourt, des Charrettes et le quai du Havre. Quelques pierres conservées dans l’entrée du « Front de Seine » ont beaucoup de peine à nous faire croire qu’il fallait se résoudre à cette navrante extrémité.

St Eloi, personnage important de la Cour fut aussi Maître de la monnaie et c’est dans la rue portant son nom, que l’Hôtel de la monnaie était édifié tandis que sur le quai, l’Hôtel de la Douane construit en 1836 remplaçait l’immeuble de la « Romaine » bâti en 1723.

Au n°51, une plaque rappelle l’existence du Jeu de Paume des Bracques où Corneille rencontra l’actrice Mlle Duparc à qui il dédia ses « Stances à la marquise ». La troupe se produisit à Rouen de mars à octobre 1658.