L’omniprésence de Jeanne d’Arc dans la cité saute aux yeux du visiteur occasionnel.

Souvenons-nous d’abord des voies publiques disparues portant le nom de l’héroïne nationale ou, place de la Pucelle, de la fontaine construite en 1510, coiffée d’une statue du sculpteur Slödtz, et détruite lors du bombardement du 2 juin 1944.

A peine descendu du train, voici notre visiteur déambulant rue Jeanne d’Arc, jadis rue de l’Impératrice. Première photo au Donjon où Jeanne fut mise en présence des instruments de torture le 9 mai 1431. Une plaque au numéro 102 de la rue lui apprend qu’elle y fut prisonnière, dans la tour dite « de la Pucelle ».

La place du Vieux Marché va conforter sa première impression avec l’église portant le nom de la sainte et l’emplacement du bûcher où Jeanne sera brûlée le 30 mai 1431. Nouvelle photo pour la statue offerte en 1926 par Real del Sarte. En face, autre rappel avec le Musée de cire, et enfin la galerie du souvenir inaugurée par le Président Valéry Giscard d’Estaing en 1979. Sur le mur, gravée dans la pierre, la citation d’André Malraux, « Ô Jeanne, sans sépulcre et sans portrait – toi qui savait que le tombeau des héros – est le cœur des vivants ».

D’autres plaques commémorent le passage de Jeanne dans la ville. Rue Saint Romain, l’une d’elles mentionne la citation à comparaître de l’accusée au Vieux Marché pour une « séance » qui aura lieu en fait dans le Palais Archiépiscopal ; l’autre, concerne la réhabilitation, le 7 juillet 1456, tout comme celle visible à l’entrée des Jardins de l’Hôtel de Ville. On trouvera également à ce niveau une plaque rappelant l’ »odieuse épreuve dite de l’abjuration ». Mais la plus émouvante est sans conteste celle du parapet du Pont Boïeldieu, d’où les cendres ont été dispersées dans le fleuve.

Notre visiteur découvre aussi un bas-relief rue du Vieux Palais, sur le mur de l’actuelle Salle des Ventes, autrefois chapelle dédiée à Jeanne, et un haut relief au bas de la rue Jeanne d’Arc.

L’Hôtel de Ville n’est pas en reste, avec une statue de Jean-Jacques Feuchère, datée 1845.

Sans être exhaustif, il faut citer un vitrail dans l’une des chapelles de la Cathédrale présentant les armoiries des villes où le passage de la sainte a été marquant.

Différents lieux ou édifices ont emprunté également le nom de Jeanne, l’un des ponts de la ville, un lycée, une clinique ou un gymnase.

Le Musée des Beaux-Arts présente quant à lui, quatre tableaux et une très belle photographie de Charles Fréger. Le souvenir est perpétué aussi dans toute la ville lors des traditionnelles Fêtes Jeanne d’Arc, et plus prosaïquement dans les nombreux commerces qui profitent toujours de l’aura de l’héroïne. Un excellent café ou une larme de chocolat raviront le palais des plus exigeants.

Quelques films tournés à Rouen évoquent enfin l’histoire de la personnalité la plus connue et la plus honorée de la ville.