Le nombre 13, on le sait, est réputé porter malheur. Pas de rangée de sièges numéro 13 dans les avions, et nombreuses sont les tours où l’on passe du 12ème au 14ème étage. La malédiction remonterait au dernier repas du Christ, où Judas siégeait parmi les 13 convives.

Le nombre fatidique n’est pas entièrement banni. Dans nos rues cartésiennes, laïques et sécularisées, sur le trottoir des numéros impairs, les immeubles n°13 s’élèvent paisiblement entre les n°11 et les n°15, sans que quiconque ait jamais suggéré d’en faire des n°11 bis. Et ils ne s’effondrent ni ne flambent pas plus souvent que les autres.

Et pourtant, les n°11 bis sont loin d’être rares, et la plupart du temps, lorsqu’ils existent, ils ne sont pas suivis d’un n°13. Pour exemple, une superbe mosaïque rue Dieutre sur une belle maison de style Art Déco. Son exubérante propriétaire avouait sa superstition et n’hésitait pas à l’afficher.

 

 

 

© Daniel Caillet, 2017