Les cadrans solaires

Comment concevoir que dans la ville considérée à tort comme le « pot de chambre de la Normandie », on puisse recenser les cadrans solaires ? Et pourtant, les amoureux du petit patrimoine en ont dénombré une dizaine digne d’intérêt.

Le plus beau est sans conteste celui du 18 rue Damiette daté de 1707 sur lequel on pouvait lire autrefois « Qua non putatis » (« Quand vous n’y pensez pas »), inscription complètement effacée aujourd’hui. Situé dans une propriété privée, il aurait grand besoin d’une restauration ainsi que celui de l’église Saint Vivien au cadran du 17 e siècle sur le mur de la sacristie. La devise en est « Ultima quando » (« Á quand l’heure dernière ? »), dernier rappel peut-être du cimetière existant à l’époque.

Plus récent et en bien meilleur état est celui du 38 rue Etoupée avec la même devise que celui de l’église Saint Vivien. Placé sur une maison bâtie en 1910 par l’architecte et artiste Georges Ruel, un grand défenseur des maisons à pans de bois comme le sera plus tard Daniel Lavallée, il est visible de la rue Jean Lecanuet.

Celui de la caserne Philippon, ancien séminaire Saint Vivien, a bénéficié quant à lui, d’une restauration ostentatoire, mais son gnomon n’a pas été remis en place.

Deux établissements scolaires ont également un cadran solaire. Le collège Bellefonds, 161 rue Beauvoisine où le chapitre du monastère des Bénédictines était jadis hébergé, présente un cadran du 17 e siècle incomplet et abimé alors qu’au collège Barbey d’Aurevilly, 36 rue Saint Patrice, on aperçoit en cherchant bien, un tout petit cadran quasiment effacé. Un autre conçu en 1986 sur une plaque de marbre a tout simplement été volé.

En mauvais état aussi est celui de l’Hôtel de Villequier (18 e siècle), 10 rue de la Seille, tout en haut d’un fronton en fond de cour alors que celui du 103 rue du Champ des Oiseaux, incomplet, laisse apparaître la mention « Sparu ».

Une disposition différente a été adoptée pour le cadran solaire horizontal en fonte du Musée du Secq des Tournelles qui présente en outre un cadran portatif appelé « cadran de berger », type de cadrans exposés également au Musée des Antiquités.

Pour l’anecdote, il faut citer enfin les vestiges situés 148 rue Beauvoisine dans une cour privée. Ce pourrait être un cadran lunaire, une hypothèse à confirmer.