Robert Fulton, ingénieur américain né en 1765, est considéré comme l’inventeur du bateau à vapeur. En fait, il est celui qui rendit opérationnel un procédé déjà connu. Cultivant son goût pour l’art, il part à l’âge de 17 ans pour Philadelphie et se fait un nom en peignant portraits et miniatures et rencontre Benjamin Franklin. En 1786, expatrié en Grande-Bretagne, il s’oriente finalement vers le dessin industriel. Arrivé en France en 1797 il propose au Directoire, alors en guerre contre l’Angleterre, un sous-marin baptisé Nautilus, 70 ans avant les « Vingt mille lieues sous les mers » de Jules Verne.

 

Quelques mètres sous la Seine

Sur les quais, une plaque sur un « Marégraphe » récemment restauré, rappelle l’expérience de ce « citoyen américain » qui « En Seine devant Bapeaume du 24 au 31 juillet 1800… procéda aux premières expérimentations de navigation sous-marine sur son navire submersible Nautilus construit à Rouen… ». Présenté avec son concepteur à bord, le Nautilus replia mât et voiles sur le pont, et avec trois membres d’équipage actionnant une vis, plongea à une profondeur de 7,60 m. Les essais se poursuivent ensuite au large du Havre et de Camaret. Mais bien que concluants (l’engin aurait pu couler les bateaux anglais), ils ne convainquent personne. Ni les Français, Napoléon Bonaparte en tête, ni les Britanniques, ne montrent un quelconque intérêt pour cette géniale invention.

Fulton poursuit cependant ses études sur la propulsion à vapeur, avec le soutien de Robert Livingston, l’ambassadeur américain à Paris. Il teste un prototype mais c’est un échec. Doté d’une machinerie trop lourde, le bateau coule et Fulton doit construire un modèle renforcé. En 1803, il fait fonctionner le premier bateau à vapeur sur la Seine et en 1807, il ouvre la première ligne commerciale régulière entre New York et Albany, sur l’Hudson.

Il dessinera ensuite le premier navire de guerre à vapeur qui porte son nom.

Mort en 1815, les cinéphiles auront pu retrouver son histoire dans le film « Austerlitz » d’Abel Gance. Orson Welles interprétait le rôle.

 

© Daniel Caillet, 2015