Prise au printemps 2006, la photo ci-dessus aurait pu être le seul souvenir des Rouennais ! Mais, alerté de l’imminence de travaux sur un édifice à pans de bois du centre-ville, 18 rue St Patrice, Daniel Caillet avant même la création de P’tit Pat’ Rouennais, a réussi à convaincre le propriétaire pour que ce petit trésor, à défaut de pouvoir être restauré in situ, soit au moins démonté proprement et sauvegardé.

Il faut rendre hommage aux intervenants qui ont réussi l’opération sans dommage.

La p’tite fenêtre coule maintenant des jours heureux chez les Compagnons du Devoir à Mont St Aignan et son rôle didactique fait le bonheur des jeunes stagiaires.

Simultanément, le blog-photo et Paris-Normandie diffusaient l’information.

 

 

 

 

Lors des « portes ouvertes » organisées du 2 au 4 février 2007 par les Compagnons du Devoir nous avons pu constater que le démontage était en cours avant une restauration complète.

 

 

 

La nouvelle fenêtre posée sur la maison restaurée :

 

 

Sept ans plus tard au printemps 2013, la disparition de ces sympathiques éléments de petit patrimoine se poursuit inexorablement.

Dernier exemple sur l’immeuble dit des « Petits Logements » à l’angle des rues Alsace Lorraine et Victor Hugo.

A gauche, une ancienne fenêtre à guillotine en bois et à droite sa moderne soeur en PVC.

 

 

L’immeuble des Petits Logements à Rouen (76)

Des patrons pensant qu’il était de leur devoir de permettre aux familles défavorisées d’avoir un logement salubre, fondèrent en 1885 la «Société anonyme immobilière des Petits Logements».  Après l’acquisition en octobre 1885 d’un terrain à l’angle de la nouvelle rue Alsace-Lorraine et de la rue Victor Hugo, le projet est confié à l’architecte Edouard Lecoeur et à l’entreprise Baron.
Les plans inspirés des «Buildings d’outre-manche» auxquels sont adjoints des caves et des greniers pour répondre aux habitudes françaises, sont approuvés en février 1886
La construction durera un an. Au printemps 1887, les cent logements de deux à quatre pièces sont terminés. Ils possèdent des éléments de confort et d’hygiène rares à cette époque : eau courante, branchement au tout-à-l’égout, vide-ordures.
Extérieurement, cet immeuble paraît imposant et assez austère. Sa façade qui présente cinq niveaux, donne, pour deux tiers, sur la rue Alsace-Lorraine, le tiers restant sur la rue Victor Hugo. Le rez-de-chaussée était occupé par treize commerces. Faite de brique rouge, la façade est agrémentée de brique blonde et de quelques pierres. Les appuis de la centaine de fenêtres à guillotine sont équipés d’une petite balustrade en fer forgé. Les allèges d’un petit nombre de baies sont réalisées en poterie et portent le monogramme A L.
Cet immeuble est appelé «Groupe Alsace-Lorraine » comme indiqué au-dessus du passage couvert situé 25, rue Victor Hugo qui permet d’accéder à la cour intérieure. Dans ce passage se trouve le bureau de l’intendance et du gardien.
Aucun élément d’ornementation ne vient égayer l’arrière du bâtiment situé au nord. Les tourelles d’escalier apparaissent en saillie. Autrefois, dans la cour, un espace planté et un préau étaient réservés aux enfants. Signe des temps, cette cour sert de parking aux locataires.
L’immeuble Alsace-Lorraine remporta une médaille d’or à l’exposition universelle de 1889. Il fut visité par le ministre Jules Siegfried qui fut l’un des initiateurs en 1894 des lois sur les « Habitations à Bon Marché ».
Aujourd’hui, 125 ans après sa construction, l’immeuble est toujours géré par la société fondatrice…