Qui ne connait pas la Cathédrale et l’abbatiale de Rouen ? Mais la collection serait incomplète sans une basilique et notre cité peut se targuer d’en avoir une. Peu connue, à l’autre bout de la ville, la basilique du Sacré-Cœur, commencée en 1890, fut construite par étapes successives en une vingtaine d’années. C’est l’abbé Daubeuf, curé de la Madeleine qui décida la construction d’une chapelle de secours, car ce faubourg était alors essentiellement habité par une population agricole et ouvrière, maraîchère surtout, et était dépourvu d’une église d’importance. Les plus proches étaient celles de la Madeleine et de St Gervais. La construction en sera confiée à Lucien Lefort, architecte en chef de la Seine Inférieure. Dédiée au culte du Sacré-Cœur, elle sera consacrée basilique bien plus tard.

A cause d’une configuration de terrain particulière, l’édifice de style néo-roman a du se trouver une place entre l’avenue du Mont-Riboudet et les rues de Bourgogne et Binet, un emplacement en forme de coin, étroit côté portail et s’élargissant progressivement à l’arrière.

En théorie, toutes les églises construites avant 1905, appartiennent aux communes, les autres étant propriété de l’Archevêché. Le cas de la basilique du Sacré-Cœur est à cet égard particulier. Bien que sa construction, à l’exception du clocher, se soit achevée en 1891, elle à été cédée à l’Archevêché. Le clocher plus récent est pourvu d’une horloge à trois cadrans avec un mécanisme manuel qui doit être remonté tous les huit jours.

 

Le petit moine à la bêche

L’essor religieux important au début du 20e siècle, conduira à la création du culte de la St Fiacre, le patron des jardiniers, dans un quartier dévolu à cette activité. Chaque premier dimanche de septembre, maraîchers et horticulteurs honorent leur saint patron au pied duquel ils déploient un parterre de fruits et légumes dans la basilique fleurie, appelant sur leurs récoltes la protection du petit moine à la bêche.

Une tradition pour se souvenir qu’une confrérie de « Maistres-Jardiniers » était installée dès 1700 en l’église St-Gervais, en mémoire de l’irlandais St Fiacre, qui gagna le continent au VIIe siècle et qui bénéficia d’une importante dévotion populaire.