2ème partie : le grand patrimoine

Juste à côté, un autre hôtel particulier mérite l’attention, l’Hôtel de Girancourt (Meynet à l’origine, sans doute le nom du bâtisseur).Construit vers 1630, dix générations de la même famille de magistrats l’ont occupé sans discontinuer. Sa splendide façade de style Louis XIII avec une profusion de pilastres, corniches et autres guirlandes s’achève par un tympan Louis XIV imposant et délicieusement raffiné. Réquisitionné après la dernière guerre, son état de vétusté deviendra très inquiétant, mais il faudra attendre 1983 et dix ans de travaux aidés par les Monuments Historiques, pour qu’il retrouve enfin sa splendeur d’antan. Il rappelle une époque un peu surannée où l’on allait « respirer la brise rafraîchie » ou prendre un repas de fête dans l’oriol (du latin oriolum), la « petite maison sur la grande ». On pouvait aussi flâner dans les jardins en espaliers traversés par les vestiges de l’ancien rempart d’époque Philippe Auguste.

Quant au bâtiment principal du 17 e siècle, en pierre au rez-de-chaussée et à colombages pour les autres niveaux, il jouxte la cour de l’Hôtel Mouchard qui faisait partie jadis de la même propriété et qui vient lui aussi d’être remarquablement restauré.

De retour vers l’église Saint Patrice, il faut aussi signaler l’Hôtel Jore, dont il ne reste plus malheureusement que le portail classé, et le bel Hôtel Cerné du 18e siècle.


…et le petit

On remarquera enfin quelques éléments intéressants de petit patrimoine comme le fronton millésimé 1887 au n°40 ainsi que la maison restaurée au n°18. C’est ici que l’association P’tit Pat’ Rouennais fit ses premières armes en sauvegardant une fenêtre à guillotine du 18e siècle confiée aux bons soins des Compagnons du Devoir de Mont Saint Aignan (notre article du 16 novembre 2006 « La fenêtre à guillotine sauve sa tête »).