1ère partie : « Grand siècle »

Entre les rues Jeanne d’Arc et de Lémery.

Autrefois rue des Balences (probablement à cause d’une enseigne commerciale à ce nom), de la Hoterie et de la Galère, cette rue sinueuse, calme et pittoresque à souhait fut aussi la rue des Parisiens pendant la période révolutionnaire.

Chargée d’histoire, elle tient son nom actuel de l’église située à l’angle de la rue de l’Abbé Cochet, archéologue et préhistorien normand décédé le 1er juin1875, comme en témoigne la plaque commémorative posée sur la maison au n°29.

Incendiée, réédifiée en 1535, puis agrandie en 1648, elle mérite une découverte approfondie, notamment de ses admirables vitraux montés de 1538 à 1625 et de son orgue reçu en 1790. Chapeautée par un clocher au 17 e siècle, elle est l’une des 13 églises paroissiales de la ville en 1791, mais sera fermée en 1793 pour être rendue au culte en 1802. Utilisée momentanément par la secte des théophilantropes, nul ne sait si l’inscription « Quis Po » gravée dans la pierre sur l’un de ses murs est en rapport avec cette occupation. Son presbytère, bien défendu par un portail hermétique, est un havre de paix renfermant une mine de petits trésors du Rouen confidentiel (Voir sur ce sujet notre article du 21 juillet 2007 « Le Rouen top secret »).

Cheminant entre hôtels particuliers et nobles demeures, l’absence de toute activité commerciale lui confère un caractère très « Grand Siècle ». Et pour cause, puisqu’on peut y découvrir et admirer des édifices remarquables aux entrées majestueuses. Certains, comme

L’Hôtel dit d’Arras sont classés Monuments Historiques.

Edifié à partir de 1633 à l’emplacement de l’ancienne porte aux Rats condamnée en 1527, ce qui donna naissance à la rue Etoupée, nom reprenant une vieille expression normande (Chemin faisant du 2 janvier 2008 ) il présente un beau porche d’entrée et deux corps de logis séparés par une cour intérieure sous laquelle on accède au passage souterrain conduisant à la casemate, ouvrage de défense de la ville construit à la fin du XVe siècle. Nicétas Périaux le mentionne dans son « Dictionnaire des rues et places de Rouen » en 1870. Pension renommée en 1838, les locaux seront ensuite investis en 1846 par la communauté jésuite chassée lors de sa dissolution en 1880.

La ville rachète alors l’hôtel pour y créer l’un des premiers lycées de jeunes filles en France. Ce sera le lycée Jeanne d’Arc devenu collège Barbey d’Aurevilly.