Nous reprenons aujourd’hui notre déambulation de la rue du Gros Horloge jusqu’à la gare SNCF pour remarquer cette fois-ci :

  • L’Hôtel de la Poste où cohabitent agréablement les styles Art Nouveau et régionaliste, et qui accueillait des présentations de mode dans les années 50.
  • L’immeuble de la Poste mis en service en 1950 après une longue interruption des travaux depuis 1938, succédant à celui de 1863 et agrandi en 1906.
  • L’entrée du Musée de la Céramique dont le portail est orné du « Neptune » d’un ancien hôtel de la rue Saint Etienne des Tonneliers, avec en surplomb, la curieuse « maison du bourreau ».
  • Au n°66, l’entrée majestueuse ornée de cariatides d’un immeuble construit en 1866.
  • Au n°89, la maison de la photographie millésimée aussi 1866, dont le premier occupant, Mr Espagnet, fit installer sur la façade des statues de Niepce et de Daguerre. Cette dernière, ébranlée par les bombardements sera finalement détruite.
  • Au n°102, une belle maison Art Nouveau, à l’emplacement de la tour dite de la Pucelle où Jeanne d’Arc fut emprisonnée du 25 décembre 1430 au 30 mai 1431, jour de son supplice. La base de la tour, sauvegardée, est toujours visible.
  • Au-delà des boulevards, sur la portion créée en 1925 jusqu’à la gare SNCF (inaugurée par Gaston Doumergue le 4 juillet 1928), on peut voir l’immeuble Art Déco de la Direction Régionale des PTT, terminé en 1933, œuvre de Pierre Chirol, près duquel avait été installé un abri anti-aérien allemand. Dans le même style et de l’autre côté de la rue, l’un des rares édifices contemporains classé « Monument Historique » mérite l’attention. Il s’agit du « Métropole », premier café existentialiste Rouennais, où aimaient se retrouver Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre dans les années 1932-1936.

Au final, cette artère, riche en patrimoine du 19e siècle, si longtemps boudé et décrié, aurait pu se présenter sous un aspect moins rigide si l’on avait fait fi de contraintes urbanistiques réelles ou supposées à l’époque de la reconstruction. Certaines démolitions, sans revenir sur celle de l’église Saint Vincent, ont été mal appréciées par les Rouennais lors de la surélévation des quais et du bas de la rue en 1949, dans un quartier devenu mort. Ils se souviennent entre autres du transfert de la librairie Lestringuant, l’une des plus vieilles de la ville, et regrettent que la succession des nouvelles barres d’immeubles parallèles à la Seine, ait condamné l’accès naturel sud-nord conduisant à la place du Vieux Marché, si fréquenté par les matelots en goguette chers à Mac Orlan.