Entre la Seine et la gare SNCF.

Une artère qui aura connu beaucoup de vicissitudes depuis son ouverture en 1859, sous le nom de rue de l’Impératrice. Le tracé prévu initialement suivant l’axe des rues de la Vicomté, Ecuyère, Dinanderie et du Moulinet, ayant été abandonné, il fallait se résoudre à beaucoup détruire, avant de reconstruire.

Faisons un petit inventaire actuel et rétrospectif des richesses de la rue.

Dès 1861, l’église Saint André aux Fèvres est rasée, à l’exception de la tour. Un sort semblable attend l’église Saint Martin sur Renelle, la même année, dans un quartier de tanneurs aux ruelles tortueuses et nauséabondes. Destruction encore d’une maison dotée d’une belle façade Renaissance (115 – 117 rue du Gros Horloge) et démontage d’une autre, dite « de Diane de Poitiers » (129 – 131 rue du Gros Horloge), réinstallée quelques années plus tard dans le square créé au pied de la tour Saint André. Heureusement d’autres créations et reconstructions vont bientôt combler l’immense vide laissé. Le square Solférino, (Verdrel aujourd’hui), voit le jour en 1863 et les chantiers se succèdent jusqu’en 1887, mais sans aller au-delà des boulevards. C’est à ce niveau que se termine la rue qui prendra son nom actuel en 1870, là où trônait la statue d’Armand Carrel, journaliste rouennais célèbre opposant à Thiers.

Plus tard, le Président Félix Faure descendra la rue le 14 août 1896 pour se rendre à l’exposition nationale et coloniale sur le Champ de Mars.

Tout au long d’un parcours sud-nord, déambulant tranquillement à pied, installés dans le tramway électrique inauguré en 1896 en remplacement de son ancêtre à chevaux, ou aujourd’hui en Cy’Clic, les rouennais pouvaient ou peuvent admirer entre autres de la Seine à la rue du Gros Horloge, pour cette première partie :

  • Le Théâtre des Arts dont les travaux allaient sacrifier une belle maison en 1956.
  • La superbe maison de l’architecte Charles Fleury malheureusement bombardée et détruite en 1944.
  • Les belles façades déplacées de la cour du Musée des Antiquités et remontées à côté de celle de « Diane de Poitiers » en 1935. Situées jadis 26 rue Damiette et 1 rue du Bon Espoir, elles seront incendiées lors de la « semaine rouge » (30 mai au 5 juin 1944), ainsi que le syndicat d’initiative installé depuis 1932. Pendant cet épisode tragique, des dégâts considérables seront occasionnés par les bombes de 500 à 2000 kg larguées par la force anglo-américaine, entre les rues Grand Pont et Jeanne d’Arc.
  • L’église Saint Vincent sera gravement endommagée (mais pas au point d’être réduite à néant volontairement quelques années plus tard), la maison natale de Boieldieu disparaîtra, ainsi que les immeubles du cinéma « L’Eden » et du Crédit Lyonnais. Dans l’abri en sous-sol de ce dernier, 15 personnes réfugiées trouvaient la mort.