Article du 26 décembre 2007 :

Georges Lanfry, le sauveur de la Cathédrale bombardée le 19 avril 1944, méritait sûrement mieux que cette insignifiante rue (autrefois rue des Quatre Vents car toujours soumise aux courants d’air) surplombée par la plus hideuse des verrues rouennaises, l’ex. Palais des Congrès.

Né en 1884, ce catholique engagé aura toujours su défendre des causes pacifiques. Compagnon de Marc Sangnier au sein du Sillon, il dénonçait les conditions de vie déplorables dans certains quartiers rouennais avant de participer activement à la campagne des chiffonniers d’Emmaüs en 1963-1965.

Après des études d’architecture à l’Ecole des Beaux – Arts de Rouen, il racheta en 1921 la société Baron installée à Déville depuis 1774 dans l’ancienne maison de campagne du père de Gustave Flaubert.

Spécialisé dans la restauration des Monuments Historiques, il œuvrera entre autres sur la Cathédrale, le Palais de Justice et l’église Saint Maclou.

Président de la Fédération Nationale du Bâtiment entre 1945 et 1950, il sera aussi président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de 1958 à 1962 et président des Amis des Monuments Rouennais.

Son implication sera aussi déterminante lors de la création de Paris Normandie en mars 1945. Ses activités multiples seront complétées et enrichies par des fouilles archéologiques. Il participera ainsi à la découverte de la crypte romane de la Cathédrale et d’un déambulatoire à l’abbaye de Jumièges.

Il deviendra alors l’un des plus grands spécialistes de l’architecture normande des 11e – 13e siècles.

Depuis son décès en 1969, la société Lanfry a gardé sa vocation initiale d’entreprise de restauration et continue à jouir d’une grande notoriété qui a dépassé les frontières régionales.

De nos jours, la rue Georges Lanfry, avec d’un côté la Cour d’Albane toujours aussi mal mise en valeur, et de l’autre un bloc de béton disloqué, malodorant et tagué, n’est pas digne du talent et des services que cet homme a mis au service du patrimoine rouennais.

Songera-t’on enfin en haut lieu à accorder à ce grand Rouennais un hommage plus décent. L’opportunité pourrait peut-être venir de la mutation actuelle de la ville avec la création et l’aménagement de nouveaux quartiers. L’ouverture d’une grande artère portant son nom est-elle utopique ?

 

En 2013, une nouvelle plaque de rue vient d’être posée, vraiment un minimum.