Une étymologie facile pour ce quartier en liaison directe avec le pays de Caux.

Les voyageurs y pénétraient autrefois par une porte qui elle aussi avait voyagé. C’était tout simplement la porte Massacre, primitivement installée au niveau du Gros Horloge, qui avait émigré au nord-ouest de la cité, démontée et transportée pierre par pierre. Une belle porte surmontée de terrasses et dont une salamandre ornait le fronton depuis 1525. Belle, mais trop étroite puisque deux voitures à chevaux ne pouvaient s’y croiser. On décida donc, afin d’éviter les bouchons (déjà !), de la démolir en 1775 et ses pierres seront réutilisées pour la construction de l’Hôtel de l’Intendance, devenu Préfecture et aujourd’hui Rectorat.

Une place remplacera alors la porte. Une imposante statue y trôna longtemps mais elle était en bronze et fut récupérée par les allemands. Elle représentait Pouyer-Quertier, député et sénateur de la Seine Inférieure, mais aussi riche industriel à l’origine de l’usine de tissage de « La Foudre », du nom d’un remorqueur ayant sombré dans le port vers 1848 et dont l’une des chaudières récupérée alimentait la filature.

Le socle de pierre sera lui aussi enlevé pour céder la place à un modeste massif, disparu également, tout comme le petit poste de police, pâle imitation d’un temple grec à colonnades.

La rue Cauchoise, quant à elle, reste riche de petits témoignages du passé, tels au n°49 cette porte cintrée en pierre datée de 1631 au-dessus de laquelle un cygne sculpté porte une croix. Etait-ce le « Cygne de la Croix » ? L’impasse de la « Tour d’Argent » rappelle une vieille enseigne disparue comme celles des « Trois Pipes », du « Panier Fleury » ou du « Rat Porteur ». Sous oublier celle du marchand de vaisselles qui avait malicieusement appelé son magasin « Au Brise-Tout ».

 

La chaussée du géant

Une découverte peu banale en 1509 marque l’histoire de la rue dont l’un des habitants était sans doute de taille peu commune. Lors de travaux, on exhuma en effet un sarcophage en pierre contenant des ossements de dimensions hors normes. Une plaque de cuivre laissait un début d’indice : « Dans ce tombeau, gist noble et puissant seigneur, le chevalier Messire Ricou de Vallemont et ses ossements ».

Le bombardement du 19 avril 1944 a occasionné dans ce quartier du « Faubourg Cauchoise » de gros dégâts, surtout dans le bas de la rue où toutes les maisons côté impair ont été détruites.

Fort heureusement quelques beaux spécimens à pans de bois ont été restaurés ou continuent à l’être, enfin débarrassés du malheureux plâtrage de leurs façades en vogue au 19e siècle. Une mention particulière doit être décernée à celle du n°70, datée de 1602 avec un charmant bas-relief représentant des tourelles. Incontestablement l’une des plus belles de Rouen, il est difficile d’imaginer qu’elle ait pu abriter le « Dépôt de charbons de Paris ». Mais le commerce n’est-il pas la vocation de cette artère toujours animée ?