Son nom proviendrait d’une vieille enseigne, mais elle a si souvent changé d’identité au fil de l’histoire qu’il est difficile de s’y retrouver. Elle fut « pavé de Déville », « rue de Lomer », « chemin royal de haut » en 1525, « chemin d’Yonville » ou « rue du Regnard ». On ne saura d’ailleurs jamais si Renard est une déformation de Regnard, ou l’inverse. Ce dont on est sûr, c’est que les renards de la Forêt Verte descendaient la voie et fréquentaient les jardins, non pas pour y manger les légumes, mais les rats qui pullulaient dans le quartier. Elle sera aussi baptisée « rue de la Fondation » pendant la Révolution. Elle menait jadis à la fontaine St Filleul alimentée par la source d’Yonville où une chapelle avait été édifiée sur le réservoir

Riche en patrimoine, cette interminable rue serpentant entre la place Cauchoise et le boulevard Jean Jaurès aux confins de Déville est une aubaine pour curieux et bons marcheurs.

Pourquoi pas un parcours avec des haltes photos à l’angle de la rue des Forgettes pour l’Asile Dumanoir (qui dépendait autrefois des Hospices de Rouen), pour de vieilles demeures comme cette maison datée de 1524 ou celle des 17e-18e siècles à l’angle de la rue du Chouquet, ou d’autres du 19e siècle avec greniers à étentes (maison d’un tisserand au n°55) et celles à tendance Art Nouveau comme au n°171, sans compter quelques vestiges épars.

 

La petite histoire d’une longue rue

Le Musée des Antiquités possède un squelette romain de la période du bas-empire, des cercueils en plomb, des monnaies de cuivre, des vases en terre cuite, métal et bronze, tous ces éléments ayant été retrouvés aux n°s 18-20 de la rue en 1827-1828.

Le Journal de Rouen de 1868 indique que François Marie Arouet, alias Voltaire, habita quelque temps dans la rue. En 1731, il est de retour dans la cité et y fait imprimer l’ « Histoire de Charles XII » dont le gouvernement ordonna la saisie.

Au n°227, une plaque rappelle la fondation de la Croix Rouge par Henry Dunant en 1859. Enfin dans le petit havre de verdure du jardin Achille Lefort, on remarquera deux belles statues qui représenteraient les premiers maîtres des lieux en habits de jardiniers, le comte et la comtesse de Boishébert, rappelant ainsi la vocation maraîchère du quartier.

© Daniel Caillet, 2018