Entre la rue de la République et la place du Lieutenant Aubert.

« … c’était dans une venelle… une vieille maison de style normand… A droite se trouvaient des chambres de passe, à gauche logeaient des pensionnaires… ». Simone de Beauvoir, professeur de philo au lycée Jeanne d’Arc en 1932 et 1933 nous raconte dans « La force de l’âge » l’histoire de la rue du Petit Mouton où elle séjournât quelque temps avec Jean-Paul Sartre.

Plus tard, le 13 avril 1946, grâce ou à cause de Marthe Richard, les maisons closes étaient fermées, condamnant Mme Claude et 1400 établissements français au chômage technique. Pourquoi ce flash-back historique ? Tout simplement pour éclairer les Rouennais sur la réputation de cette petite rue aux alignements fantaisistes, dans laquelle la plus belle et peut-être la plus vieille maison à encorbellement de la ville était sous étroite surveillance dès le début du 18e siècle. Etablissement de bains qualifié d’ »étuve à femmes », à l’enseigne du Petit Mouton, tenu par des barbiers-étuviers, corporation jugée douteuse, une ordonnance de 1407 le mettait au pilori en termes non équivoques : « Se aucun ou aucune dudit métier de barberie, réprouvé et renommé tenir hôtel diffamé de borderie ou de maquellerie, il sera banni dudit métier en ladite ville. » Qu’on se le dise !

Autres temps, autres mœurs, de nos jours, la rue est maintenant fréquentée par des graffs et tags de tout poil.