Entre les rues Jeanne d’Arc et Cauchoise.

La rue aux 3 clochers.

Elle doit son nom au Collège fondé en 1358 par les Bons-Enfants oeuvrant pour l’éducation des enfants pauvres, supprimé en 1556 et remplacé par celui des Jésuites.

Dans un quartier très populeux et croyant, trois églises paroissiales qui seront supprimées en 1790/1791, jalonnaient jadis cette artère :

  • Saint Martin sur Renelle, antérieure à 1200, autour de laquelle la place publique du « Marché aux Balais » animait le quartier. Elle sera démolie en 1861 pour ouvrir la rue de l’ Impératrice.
  • Saint Pierre l’Honoré, en haut de la rue Ecuyère disparaîtra en 1840 après être devenue un atelier de fonderie de cloches.
  • Sainte Marie la Petite, construite au 16e siècle, entre les rues des Béguines et de la Prison (devenue rue de l’ Ancienne Prison), subira le même sort au début du 19e siècle et le culte israélite s’installera dans ses vestiges en 1865. Les bombardements de la « Semaine rouge » en 1944 l’achèveront définitivement, mais les défenseurs du patrimoine ont perdu là l’occasion de garder le porche qui était resté intact.

Récemment, une vue fugitive et inédite du côté nord de la salle Sainte Croix des Pelletiers a été rendue possible pendant les travaux sur l’immeuble au n°15 occupé il y a peu par l’enseigne Kiloshop. A cette adresse, le Grand Hôtel, démoli en 1914, accueillait autrefois les voitures des messageries de Dieppe, Beauvais et Abbeville dans ses remises aménagées pour les hautes voitures. Les voyageurs résidaient au-dessus dans une galerie en encorbellement.

Quasiment en face, l’ancienne imprimerie de Jules Lecerf qui fut l’un des premiers imprimeurs de province à faire de la phototypie mérite un arrêt photo.

 

Le n°100 pour un presque centenaire

« Fontenelle est né dans cette maison le 11 février 1657 » peut-on lire en lettres de cuivre sur une plaque de marbre noir un peu plus loin dans la rue, au n°100. A une époque où la longévité n’était pas la nôtre, il s’en est fallu de peu que le neveu de Pierre Corneille devienne centenaire. Il devait décéder le 9 janvier 1757 et la rue portera brièvement son nom en 1794.

Une rue éclectique puisque l’Art Nouveau y laissera son empreinte en céramique au n°95.

On peut y lire la réclame du Constructeur Fumiste PORRAZ qui vendait des « Calorifères de Caves, d’Eglises et Maisons bourgeoises », et des « Fourneaux pour Charcutiers, Hôtels, Refuges, Asiles ».

On déplore par contre la disparition, suite à un vol, d’une belle statuette sur une maison à pans de bois, en face de la rue Etoupée et il ne reste plus qu’un socle vide.

Enfin, pour l’anecdote, on citera au n°28 une plaque en bois avec la mention « Pharmacie fondée en 1710 ».