Actuellement entre le quai de Paris et la rue des Augustins après son déplacement en même temps que celui de la porte Guillaume Lion.

Quelconque à première vue, son histoire évoque le Rouen pittoresque d’avant-guerre. C’était alors la rue des Espagnols, après avoir été dénommée auparavant rue Notre-Dame, rue des Pentheurs et même rue Guillaume Tell à la Révolution. L’ancienne rue des Arpents, elle, allait du quai de Paris jusqu’à la rue Martainville, soit l’axe de la rue Molière actuelle.

Un véritable coupe-gorge, cette rue des Espagnols. En fait un couloir étroit où les marchands de la péninsule ibérique étendaient en travers, draps et tissus (les « pentes ») pour les faire sécher. Ce serait l’origine du nom « arpent » qui est aussi comme chacun sait, un lopin de terre. L’ambiance espagnole était renforcée par la prison des Galiots à proximité, qui accueillait les prisonniers espagnols au lieu et place des anciennes galères qui séjournaient dans le port.

Mais comment imaginer cette époque révolue en « arpentant » aujourd’hui cette rue morne et sans intérêt ?

Image mise en avant : Vision de Camille Pissaro.

© Daniel Caillet, 2017