Une jolie rue de l’Ecole coupée en deux, et voilà la rue Charles Lenepveu qui apparaît !

Elle mène toujours à l’école Marie Houdemare, mais l’ « ANCIENNE RUE DE L’ÉCOLE (Partie Nord) » – texte de l’ancienne plaque de rue toujours apposée à l’angle de la rue Jean Lecanuet – a changé d’identité. Deux noms pour une si petite voie.

Elle a tout de même trouvé l’espace nécessaire pour ne pas trahir la réputation rouennaise en arborant avec fierté ses deux églises.

L’une est réhabilitée en musée de la ferronnerie autrement nommé Secq des Tournelles. Et l’autre, l’église Saint Godard, comme pour faire honneur à Charles Lenepveu, loge l’un des plus beaux orgues de la ville. C’est en outre un lieu d’accueil privilégié pour les représentations lyriques.

On l’aura compris, la rue est marquée au fer rouge de son histoire musicale. Si Lenepveu exporte son talent jusqu’à Londres avec son grand opéra « Velleda », on lui doit par ailleurs « Jeanne d’Arc », drame lyrique joué à la Cathédrale de Rouen pour la première fois. De la rue Lenepveu, justement, on aperçoit la flèche. Une plaque commémorative au n°16 rappelle que le compositeur y est né en 1840, tandis qu’à deux pas, au n°22, une autre est dédiée à Jules Poret, baron de Blosseville, qui y naquit en 1802 dans une belle maison restaurée, ex. presbytère de l’église St Godard. Ce dernier, navigateur, explorateur et naturaliste, disparaît en août 1833 alors qu’il commande le brick La Lilloise vers les côtes d’Islande et au Groenland, bloqué par les glaces.

 

Un charme rare

De par son statut piétonnier, la rue de l’École, pavée à l’ancienne dans sa partie sud, est la discrétion même au cœur de la cité. Une situation idéale pour l’Hôtel Mimosa qui fut pension de famille avant de devenir hôtel de passe, lieu de liesse ou inquiétant selon l’heure, et qui fut ravagé par les flammes. Au n°12 bis, une perle gothique vient d’être remarquablement restaurée, la maison où vécut Camille Cé, contraction de Chemin, écrivain (1878 -1959) et professeur au lycée Corneille. Si une plaque rappelle son souvenir, la librairie L’Armitière (dont l’enseigne vient d’Art et d’Amitié) n’en a nul besoin, elle qui fut dans cette rue et pendant trente ans le temple de la vie culturelle locale.