Avec la rue St Patrice dont elle semble être le prolongement à l’est, elle est l’artère rouennaise affichant le plus d’hôtels particuliers. Son nom proviendrait d’un récipient en bois permettant la récupération de l’eau d’un trop-plein installé sur une conduite de la source de St Amand. Rue de l’Eperon, du nom d’une enseigne de taverne située au coin de l’actuelle rue de la Cigogne, elle devient en 1425, la rue des Etuves de Gournetz.

Au niveau du fossé de l’enceinte d’Henri II, les constructions commencent à s’élever dès le début du 14e siècle. Lorsqu’ils ne sont pas à la Cour, les parlementaires édifient des hôtels particuliers, entres autres dans les rues Pincedos (actuellement Montbret) et de la Seille.

 

Une rue aristocratique

L’architecture reste discrète car les élites ne voulaient pas se démarquer ostensiblement. Côté sud, on remarque aux n°s 3 à 7, les hôtels du début 18e siècle, propriété d’un proche du Dauphin, Jean Alexandre du Tot de Varneville, maréchal de camp des armées de Louis XV et au n°15, celui de style néoclassique 18e-19e siècles.

Côté nord, le plus riche, au n°6 et en restauration, l’hôtel de la fin du 18e siècle qui fut à compter de 1835 le siège de la Trésorerie Générale durant plus d’un siècle. Y habitèrent Milady Marie Madeleine Talbot de Tyrconnel et son époux le marquis de Vintimille. Puis aux n°s 8 et 10, caché discrètement derrière sa porte cochère, l’hôtel portant le nom du très riche baron Asselin de Villequier, ancien conseiller au Parlement et premier président de la Cour royale sous la Restauration. Des travaux récents ont mis en valeur son bel escalier à balustres et le cadran solaire du fronton en fond de cour.

Enfin, au n°12, l’hôtel de Miromesnil dont l’une des propriétaires, Marie Charlotte Duhamel était parente du garde des sceaux de Louis XVI, le marquis de Miromesnil. Il est le seul à être classé monument Historique.

 

Coup de chapeau

Une rue qui rappelle quelques autres pages d’histoire puisqu’à l’angle de la rue du Petit Porche, la maison du Dr Gosseaume décédé en 1877 fut aussi la demeure de Cideville, Conseiller au Parlement et ami de Voltaire. La corporation des chapeliers y avait établi un bureau particulier pour la marque des chapeaux avant leur mise en circulation.