Entre les quais et la place de l’Hôtel de Ville.

Relookée récemment grâce au plan FISAC, il nous est difficile d’imaginer une artère située autrefois dans un quartier populaire de tradition textile. L’insalubrité était telle qu’il fallut songer à détruire le bâti ancien pour créer une grande voie rectiligne sud-nord. On décida donc dès 1810 le percement de la rue Impériale. En fait, après dix ans de travaux et la destruction de l’abbaye de Saint Amand, dont il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges épars, ce fut la rue Royale qu’on inaugura. En 1870, elle est baptisée définitivement rue de la République.

Depuis 1800, l’ancien dortoir des moines de l’abbaye de Saint Ouen était devenu l’Hôtel de Ville et la place était agrandie un peu plus tard pour les évolutions de la garde nationale. En 1865, on inaugurait la statue de Napoléon érigée avec le bronze des canons d’Austerlitz. La rue reliera les quais à la place Beauvoisine jusqu’à la création de la rue Louis Ricard vers le nord. Juin 1940 sonne le glas de la physionomie ancienne de la rue lorsqu’une bataille de chars engendre un terrible incendie qui ravage pendant trois jours toute la partie basse et le quartier environnant. Disparaissent alors entre autres, l’ex. Alhambra, devenu cinéma Omnia, la chapelle des Augustins et les Halles de la place de la Haute Vieille Tour, un patrimoine inestimable. Sera supprimé aussi, sans raison valable, l’ancien kiosque à tramways de style à la fois Art Nouveau et Art Déco. La boutique de l’ancienne armurerie Jacquet sera elle, heureusement conservée.

La reconstruction entraînera un notable élargissement de la voie près des quais, mais on épargnera le reste de la rue de nouvelles destructions.