Entre la place Beauvoisine et la rue des Carmes.

Le cardo, voie romaine nord-sud, deviendra au Moyen-Age la rue d’Aubevoie (du latin Alba Via, ou voie blanche) à cause d’une « coulée » calcaire. Sur le tracé des rues des Carmes et Grand Pont, cette voie débouchait au niveau de la Seine traversée par les voyageurs allant vers la Basse Normandie, d’abord par un gué, puis plus tard par une passerelle en bois. Au nord, elle permettait de rejoindre la « montagne » en longeant la Rougemare.

Vers 1200, l’artère devient rue Beauvoisine (car elle conduit à Beauvais) et l’ancienne porte Sainte Apolline est reportée au niveau du carrefour du Coq à l’angle de la rue du Cordier.

Etablies au 17e siècle et jusqu’en 1792, deux communautés religieuses y sont installées, les Visitandines de Sainte Marie et les Bénédictines de Bellefonds. En 1856, on découvre des traces d’une double voie romaine qui reliait Rothomagus et Cesaromagus (Beauvais) et on exhume alors des pièces de monnaie et des vases ; mais aucun vestige gallo-romain ne subsiste, sauf dans le sous-sol.

Les constructions à pans de bois sont nombreuses, dont 132 maisons des 15e et 16e siècles ainsi que de beaux hôtels particuliers « parlementaires » inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, comme l’Hôtel Bigot de Sommesnil.

Les nostalgiques se souviendront aussi du passage du tramway qui entraina quelques démolitions de maisons pittoresques, et des auberges comme celle des 3 Mores dont la restauration se poursuit actuellement. Cette dernière existait déjà à l’époque de Jeanne d’Arc et ferma en 1902 après avoir accueilli une clientèle de classe dont Louis Bouilhet.

Le plan FISAC devrait redynamiser cette rue attachante grâce à la réfection quasi complète de la voirie privilégiant la déambulation piétonnière, un nouvel éclairage, et une aide financière aux commerçants pour la rénovation des vitrines.

 

© Daniel Caillet, 2017