À Rouen, la construction d’un immeuble place de la gare SNCF devrait débuter durant le 1er semestre 2017

Projet. Les travaux de construction du futur immeuble de la place de la gare SNCF, rive droite, vont débuter durant le 1er semestre 2017. Objectif : « créer l’événement par une architecture élégante et contemporaine ».

Le chantier devrait démarrer au premier semestre 2017. Rue de La Rochefoucauld, entre la gare SNCF rive droite et la petite église Saint-Romain, à l’emplacement d’un terrain en friches régulièrement squatté, un immeuble de plus de 16 m de haut (six niveaux dont un parking de douze places en rez-de-chaussée bas) va être érigé par la société Eiffage immobilier Nord-Ouest. Le permis de construire a été délivré le 27 mai 2016 et si plusieurs recours gracieux de riverains ont été adressés à l’hôtel de ville, cette dernière les a rejetés.

Immeuble de bureaux et commerces dont la conception a été confiée au cabinet d’architectes Artefact. La surface plancher totale est de 2 281,06 m² avec une emprise au sol de 635 m².

Des fouilles archéologiques préventives

La future construction étant adossée à l’église Saint-Romain, « érigée en 1643, sur l’emprise de l’ancienne chapelle du couvent Carmes Déchaussés, les travaux risquent d’endommager des éléments du patrimoine archéologique », le préfet, sur demande du directeur régional des affaires culturelles a donc préconisé un diagnostic d’archéologie préventive qui sera confié à l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

L’idée du projet est de « proposer une façade largement vitrée sur la place de la gare, mise en valeur dans un vaste cadré débordant en surplomb par rapport à l’alignement créé par la façade existante des locaux de ventilation du métro ». Il s’agit, selon ses concepteurs, de « créer l’événement sur ce site par une architecture élégante et contemporaine ». Le socle du projet sera paré de pierres naturelles tandis que les trois étages supérieurs de bureaux seront largement vitrés à l’Ouest « pour offrir une vue sur l’activité grouillante de la gare ». Un motif végétal sérigraphié viendra orner le vitrage et « filtrer la transparence pour dissimuler l’activité intérieure. » Bois et zinc pigmento vert – pour évoquer le couronnement de l’horloge de la gare – se partagent la façade qui présentera une couleur verte prononcée. Le dernier étage est en retrait, largement vitré et couvert d’une toiture en zinc en aile d’aviron. Le chantier devrait, selon Eiffage Immobilier, durer quatorze mois. Livraison au cours du 3e trimestre 2018.

Un parking de 12 places est prévu en RDC bas ; au RDC haut, espace commercial de 408 m² ; 1er étage, bureaux 470 m² ; au 2e : bureaux 455 m² et terrasse de 12 m² ; au 3e : bureaux 455 m ; au 4e: bureaux 166 m².

L’accès au site se fera rue de La Rochefoucauld ; accès au parking souterrain à l’angle de la rue de la Rochefoucauld et de la place de la gare.

AUX ABORDS DE LA GARE

La Métropole Rouen Normandie compte faire de la gare SNCF rive droite « une gare d’agglomération pour les trente prochaines années ». Avec six millions de voyageurs par an, une ligne de métro, quatre lignes de bus, la future ligne T4, – cette gare est toujours « une porte d’entrée de la capitale historique de la Normandie » en attendant la future gare Saint-Sever. Selon les statistiques de la Métropole, 24 % des usagers viennent en voiture à la gare, mais utilisent 80 % de l’espace public. Or 76 % des usagers viennent à pied et/ou en transports en commun pourtant seulement 20 % de l’espace public leur est dédié.

Le quartier va devenir un véritable pôle d’échange multimodal, c’est-à-dire « un lieu intégré dans l’espace urbain, regroupant plusieurs modes de transports et de déplacements pouvant se combiner : train, bus, vélo, marche à pied, voiture, ainsi que des services aux voyageurs et aux habitants pour attendre, s’informer, acheter des titres de transports, se restaurer… ».

Du pour et du vraiment contre

Pharmacienne rue Verte, Isabelle Petit n’a « rien contre la construction d’un immeuble sur cet emplacement notamment parce qu’il y avait une grande maison à cet endroit auparavant. En revanche, je trouve la future construction pas très jolie esthétiquement… ». Et elle trouve également « dommage que l’on cache la jolie petite église Saint-Romain ».

Julien Marchal Guéret, directeur de l’hôtel de Dieppe, est sensible au projet d’immeuble rue de La Rochefoucauld. Il s’inquiète notamment « pour l’église Saint-Romain, fragile sur ses fondations. Nous avons nous-mêmes souffert de travaux… Il ne faudrait pas dégrader le patrimoine normand. » Il s’étonne également « de la construction d’un immeuble aussi haut à cet endroit, il y avait bien d’autres emplacements en ville… ».

« Bétonner le centre-ville »

Jean-Pierre Chaline, président des Amis des monuments rouennais a émis « des réserves » sur l’érection de cet immeuble depuis de longs mois. « Les riverains ont adressé des recours gracieux à la mairie, notamment pour des raisons de perte de vue. Mais la Ville a balayé toutes leurs objections », explique Jean-Pierre Chaline. « Ils ont également mis en avant des difficultés de stationnement et de circulation qui ne manqueront pas de surgir avec le rétrécissement du trottoir et l’accès au parking souterrain. »

Concernant l’église Saint-Romain, Jean-Pierre Chaline rappelle que son association « a demandé le classement de l’édifice à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques car aujourd’hui, l’église ne bénéficie d’aucune protection individuelle. »

Il est vrai que dans le dossier, sont mentionnés dans le « champ de visibilité de monuments historiques» la gare SNCF, la place Tissot, la rue Jeanne-d’Arc, le Métropole et le n° 29 rue Verte (la maison Marrou). Pour les Amis des monuments rouennais, « l’espace vert existant aurait été idéal pour créer un petit jardin en sortie de gare, mais une fois de plus, on a voulu bétonner le centre-ville ».

 

Paris Normandie

 


© Daniel Caillet, 2016