Au fil de mes lectures et pour compléter (partager ?) l’avis de Gustave Flaubert qui n’a jamais trop apprécié la bonne ville de Rouen, voici un florilège incomplet et édifiant (si l’on peut dire !) :

L’écrivain américain James Fenimore Cooper (Souvenirs d’Europe, 1826), connu pour avoir écrit Le dernier des Mohicans, avoue son étonnement devant les tours des églises de Rouen : « Leur teinte d’ébène ne s’accorde guère avec nos notions manhattanèses mais elle s’harmonise merveilleusement avec un ciel brumeux, des murs grisâtres et un arrière-plan de champs échelonnés les uns au-dessus des autres. »

Si les monuments plaisent en général aux voyageurs, les villes font rarement l’objet de commentaires élogieux. L’agronome anglais Arthur Young (Voyages en France, 1791) voit Rouen comme « une ville laide, puante, resserrée et ma bâtie ». Les auteurs des « Voyages pittoresques » s’étonnent des « contrastes » entre « cette profusion des  merveilles de l’art » dans la ville et la « pauvreté extérieure des rues sombres et tortueuses qui y conduisent et le défaut d’élégance et de solidité qui se fait remarquer dans presque toutes les maisons ». Cooper trouve Rouen « nullement bien bâtie », car le « centre de la cité se compose presque en entier de maisons en planches dont les interstices sont remplis de ciment »… Il faudra attendre Stendhal pour trouver enfin un partisan des colombages, tant estimés aujourd’hui : « Ce qui est admirable à Rouen, c’est que les maisons sont formées par de grands morceaux de bois placés verticalement à un pied les uns des autres. »

Plus sévères étaient les voyageurs de l’époque de William Turner qui reprochaient à la cathédrale rouennaise ses « incohérences fâcheuses ».

 

Rouen Cathedral circa 1832 by Joseph Mallord William Turner 1775-1851

 

© Daniel Caillet, 2015