Anneau de Jeanne d’Arc. Doutes sur l’authenticité. Pourquoi Rouen n’en a pas voulu.

Le parc du Puy du Fou (Vendée) a racheté un anneau présenté comme celui que portait Jeanne d’Arc, pour la somme de 376 833 euros. Des doutes planent sur son authenticité…

L’annonce du retour en France de l’anneau de Jeanne d’Arc a fait grand bruit, depuis sa révélation par Le Figaro, le 3 mars 2016. Il y aurait pourtant un hic : l’authenticité de la bague est remise en cause…

Volée par l’évêque Cauchon ?

L’histoire : en 1431, Jeanne d’Arc est condamnée au bûcher à Rouen (Seine-Maritime), pour sorcellerie. L’évêque Cauchon, qui dirigeait le tribunal, en aurait profité pour dérober un anneau portée par la Pucelle. Revendu ou donné dans la foulée à un cardinal anglais, le bijou serait depuis lors resté sur le sol britannique.
Mise aux enchères par la salle de ventes Timeline Auctions, le 26 février 2016, la bague a été achetée par le Puy du Fou, le fameux parc à thème de Vendée, pour la somme de 376 833 euros, alors même que la valeur de la bague avait été estimée à 19 000 euros. Mais surtout, depuis, des historiens mettent en doute l’authenticité de la relique…

Une bague vieille de 600 ans.

Cette bague est-elle bien l’une des trois que les sources historiques prêtent à Jeanne, dont deux ont complètement disparu ?

Le décor – inscription et croix – correspond, relève le magasine Sciences et Avenir, qui a mené l’enquête. Des analyses spectrométriques par fluorescence X réalisées dans des laboratoires d’Oxford en décembre dernier, ont conclu que le métal de l’anneau datait bien du XVe siècle.

L’anneau acheté par le Puy du Fou est donc loin du bijou fantaisie… « Si le bijou acheté par le parc à thème semble bien avoir passé 600 ans en Angleterre, au cours des différents legs qu’il a pu connaître à travers les siècles, il ne figure jamais sur aucun document », note toutefois Sciences et Avenir, qui a tenté de retracer le parcours de l’anneau, avec l’historienne Colette Beaune, professeur émérite de l’université Paris-X. Elle souligne : « Il est apparu pour la première fois sur le marché public en 1909. »
Au XXe siècle, l’anneau passe de main en main. « Problème : s’agit-il toujours du même anneau ?, questionne le magazine. Son authenticité est-elle prouvée ? S’agit-il véritablement d’un anneau ayant pu appartenir à Jeanne d’Arc ? »

« Une contradiction majeure ».

Interrogé par France Info, un autre historien, Olivier Bouzy, émet d’autres réserves :

Je reste sceptique. Il y a une contradiction majeure entre l’anneau vendu et la description faite de la relique par Jeanne d’Arc elle-même. Elle décrit un anneau en cuivre alors que celui qui a été vendu est en argent. Elle affirmait aussi que cet anneau était entre les mains des Bourguignons. […] Rien ne prouve que les Bourguignons l’ont donné au cardinal anglais Henri Beaufort comme la légende de l’anneau vendu le dit.

La Métropole Rouen Normandie prudente.

À la Métropole Rouen Normandie, la collectivité qui porte l’Historial Jeanne d’Arc, on était bien au courant de la vente aux enchères organisée outre-Manche. Mais elle n’a pas voulu se porter acquéreur. « Les historiens interrogés par l’Historial n’ont pas validé son authenticité », explique-t-on.

 

Normandie actu

Photos Internet.

 

© Daniel Caillet, 2016