On redécouvre aujourd’hui les roses anciennes, particulièrement pour la diversité de leurs parfums, leur port souple, la richesse de leurs coloris. Il est bien reconnu que ces roses sont pour la plupart d’origine française, mais la contribution de la Normandie est méconnue. Sait-on, que du début du XIXe siècle jusqu’au premier quart du XXe siècle, plus de 60 obtenteurs Normands ont créé près de 700 roses ? Ces roses de jardins ont été obtenues par de grands rosiéristes professionnels, principalement dans les régions de Caen et de Rouen, mais aussi par un grand nombre d’amateurs, toutes classes sociales confondues, de toute la Normandie. J’ai pu, à ce jour, en retrouver 70. Elles sont regroupées dans la roseraie « Roses de Normandie », en vue de les conserver et de faire redécouvrir cet aspect remarquable, oublié et menacé, du patrimoine horticole Normand. Ses dimensions sont aussi culturelles et économiques : vers 1830 on produisait à Rouen près de 2000 variétés différentes de roses ! Rouen était aussi, à cette époque, la plaque tournante pour l’exportation des roses vers l’Angleterre.

 

Daniel LEMONNIER