Vikings

 

Et si les Vikings revenaient en Normandie ?

Un musée sur les Vikings, l’idée est dans l’air normand. Une étude vient d’être lancée sur l’opportunité d’un tel projet. Pour donner un nouvel atout au tourisme en Normandie.

Bref rappel historique. La Normandie est née en 911 avec la signature du traité de Saint-Clair-sur-Epte. Un texte signé entre le roi carolingien, Charles le Simple et un chef viking. « Rollon reçoit un territoire situé entre l’Epte, la Bresle, l’Avre et peut-être la Dives, soit en gros, le comté de Rouen. Il s’engage en échange à recevoir le baptême, et à défendre désormais la Seine contre les incursions d’autres Vikings. La Normandie est née », écrit Roger jouet, dans Onze siècles de Normandie et de Normands. (Orep Éditions). Une naissance aux forts accents nordiques.

L’identité viking, une évidence pour la Normandie mais pas forcément une arme dans la force de frappe touristique de la région. Où sont les Vikings en Normandie ? Un drakkar dans le logo du conseil régional de Basse-Normandie ; dans le nom du club de hockey à Caen, les Drakkars, ou encore sur la pelouse du Stade Malherbe, avec sa mascotte, un Viking débonnaire. Ces racines se retrouvent aussi dans le milieu universitaire avec le département d’études nordiques ou l’Office franco norvégien à Caen et dans le milieu culturel avec le festival des Boréales. Mais pas un grand musée qui pourrait évoquer cette partie de l’histoire normande.

D’où le projet qui est né du côté du conseil régional de Haute-Normandie. « L’idée est assez simple, explique son président, Nicolas Mayer-Rossignol. Partout en France, quand vous dites Vikings, on pense rapidement à la Normandie. Il nous est apparu intéressant de réfléchir à la création d’un musée sur ce thème. C’est un peu comme l’impressionnisme. Il est évident que cela peut être un beau projet pour la Normandie. »

Près de l’eau.
Première étape, un appel d’offres pour une « étude d’opportunité sur la réalisation d’un équipement culturel et touristique sur la thématique viking ». Les agences spécialisées avaient jusqu’au 12 mars pour y répondre. Quel site pour implanter ce musée ? Quels contenus scientifiques ? Quels sont les publics visés ? Autant de questions à se poser au début de cette nouvelle aventure normande. « J’ai récemment visité le musée de Roskild, au Danemark. Un exemple intéressant avec les salles du musée et balades extérieures sur l’eau, raconte Nicolas Mayer-Rossignol. Il est clair que si un musée voit le jour en Normandie, il devra être implanté à proximité de l’eau pour développer toute la dimension des drakkars. »

Si le projet n’en est qu’à ses balbutiements, il a déjà fait naître quelques inquiétudes sur fond d’une réunification parfois mal vécue en Basse-Normandie. Éric Eydoux, cofondateur de l’Office franco-norvégien et des Boréales et ancien maire adjoint à la culture à Caen, s’est étonné que ni la mairie de Caen ni le conseil régional de Basse-Normandie « n’en aient été informés ».

Nicolas Mayer-Rossignol le rassure : « Depuis le début, Laurent Beauvais [président du conseil régional de Basse-Normandie] a été associé à cette idée. Il fait partie du comité de pilotage avec d’autres élus normands. Un conseil scientifique associera aussi tous les experts bas-normands de cette thématique. J’ai déjà rencontré, par exemple, Jean-Marie Lévesque, directeur du musée de Normandie à Caen ». Anciens envahisseurs, les Vikings ne seront pas les diviseurs de la nouvelle grande Normandie.

Jean-Christophe Lalay   (Source : Ouest France).

 

© Daniel Caillet, 2015