A Rouen, la cathédrale retrouve cinq de ses statues monumentales.

Cathédrale. Après deux années de restauration, les cinq statues qui ornaient autrefois les contreforts de Notre-Dame sont de retour. Les compagnons des ateliers Legrand les ont installées mardi dans le déambulatoire.

Fermé mardi, le déambulatoire du chœur de la cathédrale Notre-Dame est de nouveau ouvert aux visiteurs. Cause de cette fermeture intempestive ? Le retour des cinq statues monumentales qui ornaient, il y a quelques années encore, les contreforts de la façade occidentale.

Ces cinq statues ont fait l’objet, depuis deux ans, d’une restauration dans les Ateliers Legrand (Darnétal). Ces spécialistes de la conservation du patrimoine avaient fort à faire au vu de l’état des statues monumentales quand elles ont été déposées. « Ces pièces étaient très abîmées », raconte David Lesellier, gérant des Ateliers. « L’acidité des pluies a attaqué les pierres, et la pollution les a couvertes d’une couche noirâtre ».

Des moulages remplacent les originaux

Depuis le début des années 1990, la façade a fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration. Des dizaines de statues ont été déposées puis diagnostiquées par Pierre-André Lablaude, architecte en chef des Monuments historiques. Certaines d’entre elles – environ 70 – ont été remises en place après restauration sur la façade occidentale. D’autres, trop fragiles ou trop abîmées, ou présentant un intérêt artistique et historique majeur, ont été restaurées, puis déposées au fil des ans dans le chœur.

Ce sont leurs copies, obtenues à partir de moulages, qui sont aujourd’hui sur la façade de l’édifice religieux. Vingt-huit statues étaient déjà visibles de près par les visiteurs de Notre-Dame. Depuis jeudi, cinq nouvelles statues les ont rejointes. « Il semble que nous ayons deux statues de prophètes, un ange, et deux statues de donateurs de la cathédrale », explique David Lesellier, gérant des Ateliers Legrand. «La plus lourde – l’ange – pèse plus de deux tonnes, et mesure 2,25 mètres de haut. Ces cinq statues en pierre de Vernon étaient noircies par la pollution, et certaines étaient attaquées par l’acidité des pluies. Nous les avons restaurées. Il manquait des pans entiers à certains endroits, que nous avons pu recréer – en plâtre – grâce à des photographies anciennes. Nous avons, par exemple, pu reconstituer des drapés de tissus. Parfois, quand nous avons ôté la croûte due à la pollution, nous avons redécouvert des visages, et même des traces laissées par les sculpteurs au XVe siècle », raconte avec émotion le restaurateur.

Mardi, sous le regard amusé ou impressionné des passants, les cinq statues qui datent du XVe siècle ont fait leur retour de Darnétal dans « des cages réalisées sur mesure, pour que les statues circulent debout car cela serait trop risqué si nous les allongions », mentionne David Lesellier. Les travaux de restauration des statues ont été réalisés par l’État et le conseil départemental.

À terme, toutes ces statues monumentales iront rejoindre le futur « musée de l’OEuvre -Trésors de la cathédrale », qui sera installé juste à côté du Mémorial, rue Saint-Romain. En 2013 et 2014, la direction régionale des Affaires culturelles (Drac) a entièrement restauré les bâtiments canoniaux qui abriteront ce musée : le bâtiment d’Albane, la maison du Four du Chapitre, la maison de l’Œuvre, le bâtiment des Libraires et la Salle du Chapitre (2,80 M€). Reste aujourd’hui à trouver les fonds pour financer l’aménagement de ce musée et sa scénographie.

Paris Normandie 6/10/2016

© Daniel Caillet, 2016