Avec les oriols, il s’agit d’une spécificité rouennaise incontournable. De quoi s’agit-il ?

Autrefois, le séchage des draps et autres étoffes (« étente ») s’effectuait en plein air, généralement dans un jardin du centre-ville. Mais l’accroissement de la production et la raréfaction des espaces urbains disponibles amenèrent les fabricants à investir leurs greniers et à surélever les bâtiments existants pour un séchage en comble plus adapté à l’humidité du climat. Les étentes, (avancées importantes du toit sur la rue protégeant le dernier étage) sont en fait  des constructions en surélévation du bâtiment, des espaces ouverts à l’air et au vent mais abrités du soleil et de la pluie.
A partir de la seconde moitié du XVIII e siècle, ces éléments spécifiques de l’architecture industrielle de la région rouennaise sont une expression remarquable de l’industrie lainière. En surélévation de bâtiments en pans de bois ou en briques, ils nécessitent un dispositif de charpente original permettant de dégager un espace pour le séchage de la laine pendant le processus de fabrication. Et pour une optimisation maximale, ils étaient prolongés par des « pentheurs » (grandes perches en bois) sur lesquelles les étoffes étaient pendues au-dessus de la rivière.

Très souvent, dès le début du XIX e siècle, les ateliers de fabrication en briques prévoient avant leur construction, un comble à usage de grenier-étente mais aussi de savants systèmes de séchage par fourneaux, tuyaux et vapeur.

Nombreux en centre-ville rouennais, notamment rue Eau-de-Robec, on trouve aussi de nombreux greniers-étente à Darnétal et à Elbeuf.