EN IMAGES. En 1920, le grand rendez-vous des Fêtes Jeanne d’Arc dans les rues de Rouen

Du faste, mes aïeux ! Inaugurées en 1920, les Fêtes Jeanne d’Arc ont été un rendez-vous clef, à Rouen (Seine-Maritime). Aujourd’hui limitées, elles pourraient retrouver leur éclat.

C’est un bond un siècle en arrière rendu possible par le travail d’archives de la Bibliothèque nationale de France. Via son site Gallica, elle permet de plonger dans les Fêtes Jeanne-d’Arc du siècle passé. Célébrées à Rouen (Seine-Maritime) dès la sanctification de la Pucelle en 1920, elles ont été fêtées en grande pompe avant la Seconde Guerre mondiale. Armures, parades et grands discours ont rythmé la vie publique et religieuse rouennaise, avant que la manifestation ne soit plus sobre, à l’image de celle organisée vendredi 25 et samedi 26 mai 2018.

« Un acte de religion et de patriotisme »

Elle suscite l’indifférence, cristallise un pan de notre Histoire et hystérise certains débats : Jeanne d’Arc est un des personnages majeurs du « roman national » français. L’épilogue de ce chapitre ayant eu lieu à Rouen en 1431, la ville a vu la mémoire de la « libératrice de la France » renaître au XIXe siècle, dans une nation en mal de héros. On retrouve sur Gallica un livre édité en 1886 à la gloire de la première « fête solennelle » en l’honneur de Jeanne d’Arc :

Une telle fête constitue un événement dont la postérité gardera le souvenir. C’est un acte de religion et de patriotisme tel que les peuples dignes de leur mission seuls savent accomplir.

La dimension ultra-religieuse alors donnée à l’événement a perduré entre les deux guerres. En plus des préfets et hommes politiques de tous les bords, les archevêques de Rouen étaient naturellement associés à la fête. Laquelle a animé les rues de Rouen avec des défilés, illuminations, concerts dans la cathédrale et discours.

La version 2018 des Fêtes Jeanne d’Arc, organisées vendredi 25 et samedi 26 mai, sera plus sobre : conférence, messe, marche, recueillement. Le détail du programme est disponible sur le site du diocèse de Rouen. La sobriété affichée de l’événement veut être rompue par le député LREM Damien Adam, désireux d’en faire « une grande fête médiévale et populaire» pour « ramener Rouen au Moyen-Âge » à l’horizon 2020.

 

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© Daniel Caillet, 2018