13 ans déjà.

Connaissez-vous la rue des « Bonnes Œuvres » ? C’est peu probable.

Interdite à toute circulation depuis l’éboulement dans la nuit du 23 février 2006 d’une partie de rempart supportant un remarquable petit oratoire du 17 e siècle. Vous avez trouvé, vous êtes rue des Capucins. Depuis l’éboulement, 16 mois se sont écoulés.  A l’issue de longues péripéties administratives au dénouement heureux, les travaux de sauvetage ont enfin débuté.

On a donc enfin compris l’intérêt patrimonial du petit oratoire qui a bien failli disparaître.

Une histoire qui cependant se termine plutôt bien.

Pourquoi une telle lenteur ? Jean-Jacques Silvestre et Bernard Beau, membres du Conseil Syndical des « Terrasses des Capucins » expliquent : « Après l’arrêté de péril, la rue a été complètement barrée, mais la grogne des riverains a été payante. Rapidement, un passage pour les piétons a été aménagé évitant un long détour pour contourner l’obstacle. L’avis tardif défavorable de la DRAC a retardé considérablement le dossier, mais la Mairie a courageusement délivré le permis de construire nécessaire pour réédifier l’oratoire à mi-hauteur. Depuis une quinzaine de jours, l’entreprise Lanfry procède au démontage pierre par pierre, et, si tout va bien, on peut espérer la réouverture de la rue avant la fin de l’année … si le chantier de l’autre côté (lycée Jeanne d’Arc) le permet. ».

Un autre résident renchérit : « Historiquement, c’est une aberration de descendre l’oratoire, mais sachant qu’on avait proposé de le retourner à 180 ° et même de le réinstaller en dehors de la cité, c’est finalement moindre mal. Et en plus le coût ultérieur de l’entretien qui nous incombe sera minoré ! »

Et la cause de l’éboulement dans tout ça ? Jean-Jacques Silvestre émet une hypothèse : «  Le lierre envahissant supprimé il y a quelques années est toujours omniprésent. Ses racines entre les pierres de l’édifice et sur le talus ont peut-être fragilisé l’ensemble ». Problème récurrent sur les monuments de la ville et toujours sous estimé.

Au final, techniquement et financièrement, des solutions satisfaisantes ont été trouvées, mais la pilule est un peu grosse pour la copropriété qui finance l’ensemble des opérations à hauteur de 200.000 €. Un petit effort de la Mairie serait le bienvenu. Noël n’est pas si loin !

 

L’histoire du couvent installé sur ce site est étroitement liée à celle de l’Hôtel-Dieu par l’assistance aux pestiférés au 17 e siècle. La foule des pèlerins se rendant jadis à Notre-Dame du Mont Calvaire (c’était son nom à l’époque), empruntait un cheminement toujours existant. Sur l’une des terrasses de cette petite « montagne », s’élevait la chapelle de la Sainte Croix. On peut toujours voir parmi les monticules, de petits oratoires en pierre, de style Louis XIII, formant niches, dont l’une d’elles conserve une statue de saint de belle allure.

Un lieu plein de mystère dans un vrai parc suspendu à la Sémiramis.

Inoccupé jusqu’en 1850, le couvent devint alors la propriété des Petites Sœurs des Pauvres dont la mission était l’assistance aux vieillards seuls et sans ressources.

Mais malgré des travaux conséquents, la congrégation décide en 1970 de quitter Rouen, et l’ensemble des bâtiments est démoli en 1976. A noter que ces vestiges sont pour l’essentiel situés sur la copropriété voisine des… « Capucines ».

 

 

 

 

© Daniel Caillet, 2019