Sur le site de l’ancienne institution Rey démolie, des fouilles archéologiques préventives viennent d’être réalisées par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). A l’angle des rues Verte et Pouchet, l’équipe de « fouilleurs » a mis au jour, à 8 m de profondeur, un immense dépotoir du XVIe siècle qui a livré un mobilier archéologique riche et varié, un véritable trésor de plus de 300 caisses. Mais le plus fastidieux reste à faire : étiqueter, inventorier et nettoyer toutes les pièces avant transfert au siège de l’Inrap au Grand-Quevilly pour qu’elles livrent leur part de mystère dans un délai de deux ans.

Témoignage sur la vie quotidienne à l’époque de François 1er

Ce « heurt » du Châtel, l’une des cinq décharges publiques rouennaises d’autrefois, couvrait plus de 2500 m2 en dehors de la ville close, près du fossé longeant les fortifications. 10 000 m3 de déchets y ont été entreposés en couches successives, gravats, lits de cendre, rejets d’artisanat (tabletterie, métallurgie, tannerie), mobilier, céramique, verre, ossements animaux… reflétant l’ensemble de la vie quotidienne au XVIe siècle. L’abondante céramique domestique retrouvée apporte des éléments de datation précieux.  Déjà à cette époque, des récupérateurs opéraient un premier tri des déchets, ce qui explique la rareté des objets métalliques retrouvés en dehors de quelques menues pièces (clés, boucles de ceintures, bouterolles, dés à coudre, épingles à cheveux, clous…).