En vous baladant et en cherchant la perle rare qui étonnera tous les « p’tits patrimonistes », vous poserez peut-être les yeux sur un poteau électrique qui se trouve à l’angle de la place du 39 ème RI.

 

 

Celui-ci, aux armes de Rouen se cache sous les arbres et semble attendre la visite du peintre. Pourquoi est-il là ? Quel est-il ? Voilà une énigme qui me préoccupe depuis sa redécouverte et qui m’amène à formuler trois hypothèses que des centaines de photos compulsées n’ont malheureusement pas confirmées.

De mon enfance, je me souviens de ces poteaux qui portaient le blason de Rouen et sur lesquels je pouvais grimper parce qu’ils formaient relief. Mais toutes les photos compulsées montrent la base de ces poteaux comme ronde et celle qui attend votre visite est carrée.

J’’ai trouvé dans un livre récent sur Rouen, une même base carrée supportant un fléchage allemand dû aux aléas de la guerre. De 1970, je sautais en 1940, puis je me suis fait la remarque suivante : si je ne trouve aucune photo de ces poteaux, c’est qu’ils ont été remplacés par ceux à base ronde. Il me fallait chercher plus loin dans le temps.

J’ai finalement trouvé, sur la photo ci-dessous empruntée au site de la TCAR, que les poteaux-réverbères et porte-caténaires avaient une base carrée en 1910.

 

 

Une autre photo qui daterait des années 1950, montre aussi deux poteaux à base carrée.

 

 

Voilà donc en deux photos, nos trois possibilités :

La première, que l’on voit place Saint Vivien, est un simple porte-caténaire pour le tramway alors très récent.

La deuxième, qui n’est pas clairement définie sur la première photo est un grand réverbère, à ne pas confondre avec les petits de la place St Vivien.

Enfin, d’autres photos montrent des réverbères porte-caténaires qui possèdent un ou deux longs bras et se trouvent au croisement des rues.

Seule une recherche dans les archives des CTR et CRT devenue TCAR ou dans celles de la Mairie pourrait répondre définitivement à notre question.

 

 

Cet unique exemplaire répertorié à ce jour date peut-être des années 1878. Il est le souvenir du matériel urbain de jadis.

Une petite suggestion : après avoir porté de tristes destinations, ne pourrait-il pas être repeint aux couleurs d’origine et s’agrémenter d’un panneau portant mémoire du premier tramway de Rouen ?

 

 

 

Complément d’information :

Cette borne a eu une autre vie auparavant : c’était une borne à incendie installée avant la guerre de 1940. Il y avait 32 bornes comme celle-là, en fonte rouge (« Rouen 1940-1944 – Pompiers sous les bombes »), par Thierry Chion. D’après l’auteur, il en reste une au musée des pompiers à Montville, mais il ne semble pas connaitre celle de Rouen.

 

 

Et peut-être la solution ?

A mon avis, le poteau situé place du 39e R.I. n’a pas supporté de fils de tram. Il s’agit d’un support de l’éclairage public. En effet:

1 – Il porte les armes de la Ville de Rouen… Ces armes figurent l’agneau portant la Croix et la bannière offrant une double lecture. L’agneau pascal est le symbole de Jésus immolé pour nos pêchés. L’agneau est également le symbole de l’activité lainière de la ville. Aucune mention de la C.T.R. sur le poteau examiné.

2 – Dans le socle, une trappe fermée à clef… permettait d’accéder aux fusibles protégeant l’appareil d’éclairage situé en haut. Il n’y avait pas de fusible sur les poteaux de tram.

3 – Le poteau examiné  comporte des cannelures alors que la C.T.R. utilisait des tubes lisses moins coûteux.

4 – Il n’existe aucune trace de fixation d’un transversal sur l’immeuble situé de l’autre côté de la rue…

Michel GARRAUD

 

© Daniel Caillet, 2015

 

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