Autorisée à planter son chevalet devant les toiles originales du Musée des Beaux-Arts de Rouen, Michèle Sainte-Martine, adhérente de la première heure à « P’tit Pat’ Rouennais », s’adonne à sa passion depuis une vingtaine d’années.

Enfant, Michèle dessinait. Ce don, contrarié, ne la ramène aux pinceaux et aux crayons que cinquante ans plus tard. Des paysages, des natures mortes sont alors esquissés. Après ces tâtonnements et quelques cours de dessin, de peinture et de nu, Michèle se lance dans la reproduction de tableaux. N’étant pas contrainte par des commandes particulières, Michèle est libre de reproduire les œuvres de son choix. Les scènes de genre peintes par les artistes hollandais du XVIIe siècle sont son thème de prédilection. C’est à un détail du Banquet villageois de Gillis Van Tilborch auquel la copiste tente de donner une seconde vie.

Copier une œuvre originale est une tâche délicate et complexe qui demande du temps. Il faut pouvoir reproduire l’œuvre avec la même sensibilité, le même niveau de détail et les nuances exactes de couleurs. Pour cela, la copiste procède par plusieurs étapes successives. Dans un premier temps, la toile de lin est recouverte d’un jus de térébenthine mélangé à de l’ocre. Un dessin préparatoire au fusain esquisse les premières lignes qui seront ensuite passées à la terre de Sienne naturelle. Ce croquis, par la technique dite « du fil à plomb », est ensuite reporté sur la toile, afin de respecter les proportions. Enfin, la copiste applique de multiples couches de peintures qui donnent naissance à l’œuvre, véritable miroir de la toile originale accrochée à la cimaise du musée. Michèle Sainte-Martine estime qu’il lui faut, en moyenne, soixante-dix heures de travail pour parfaire une copie. Le travail de la copiste peut néanmoins être perturbé, voire interrompu par les aléas de la gestion des collections du musée (prêts, restaurations, mise en réserve des tableaux). C’est pourquoi, Michèle a dans ses cartons nombre d’œuvres inachevées comme La parabole des ouvriers de la onzième heure.

La copie d’œuvre originale dans les musées est une activité tout à fait légale encadrée par le décret N°1255 du 11 mars 1957 article 41. Les musées autorisent la reproduction de leurs œuvres par les copistes de musée à certaines conditions : le copiste de musée reçoit une autorisation par le musée ou par l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen de copier une œuvre sous réserve du respect du règlement intérieur du musée. La copie doit être d’une taille différente de l’original, supérieure ou inférieure de 1/5 en hauteur et en largeur. Enfin, le copiste, n’est pas autorisé à reproduire la signature du maître.

C’est dans ces conditions que Michèle Sainte-Martine exerce aujourd’hui sa passion. Son travail a été récompensé par sa présence au Salon des Artistes Indépendants Normands.

 

 

 

© Daniel Caillet, 2018