Le souvenir du marché, « le Ventre de Rouen » est toujours présent pour un grand nombre de rouennais. Les halles métalliques édifiées en 1869 sur le modèle de celles de Baltard à Paris, avaient été remplacées par des constructions plus modernes. Le bâtiment des Halles de la Boucherie construit en 1930 abritait déjà la statue de Jeanne d’Arc offerte par le sculpteur Maxime Real del Sarte en 1928, œuvre majeure d’un artiste qui nous a laissé aussi le Monument de la Victoire en 1926 et le Monument aux Morts des Forains en 1931. Ce premier mémorial, trop discret et trop proche d’un « chalet de nécessité » sera remplacé en 1979 lors de la construction de la nouvelle église Sainte Jeanne d’Arc.

Due à l’architecte Louis Arretche et grâce en partie aux dommages de guerre de l’église Saint Vincent bombardée, elle est devenue, malgré une certaine réticence de la population rouennaise, un élément incontournable de la Ville; les vitraux de Saint Vincent, heureusement conservés y ont été remontés, témoignage inestimable laissé par les élèves d’Arnault de Minègue il y a presque 500 ans.

Elle sera consacrée, puis inaugurée au printemps 1979 par Valéry Giscard d’Estaing.

Avec la Cathédrale, la place du Vieux Marché est toujours le site le plus fréquenté par les visiteurs importants. Le 14 mai 1944 le Maréchal Pétain déposait une gerbe au monument de Jeanne d’Arc lors de sa tournée des villes normandes sinistrées, suivi par la plupart des Présidents de la République, lors des fêtes données notamment en l’honneur de l’héroïne nationale.

Outre ces venues officielles, certains faits divers tragiques ou cocasses ont jalonné l’histoire de la place.

Ainsi en 1798, seize truands rouennais de la Bande à Duramé ont eu la tête tranchée.

En 1875, M. Fox, peintre décorateur du Théâtre Français, avait bâti une porte surmontée d’un château dont les créneaux touchaient le ciel, comme l’écrira Boieldieu.

Plus près de nous en 1969, un baptême hippy s’y déroulait. A cette occasion, Jeanne d’Arc fut choisie comme marraine d’une jeune fille destinée à être comédienne et promise à « brûler les planches », vision moderne d’une histoire ancienne bien connue.