Entre les rues Beauvoisine et Louis Ricard.

Momentanément place de la révolution en 1794, elle est pour beaucoup de Rouennais l’exemple d’une charnière subtile et agréable entre le passé et le présent.

Restée à échelle humaine, presque intimiste, elle invite le passant à faire une halte sous ses vieux platanes pour lui raconter son histoire. Ecoutons-la : d’abord le souvenir lointain du sanglant combat en 949 entre Richard 1er, duc de Normandie, et le roi de France Louis d’Outremer. Il se termina par une rouge mare, un véritable carnage. Mais le nom actuel ne sera donné à la place qu’au 13e siècle lorsqu’elle entra dans l’enceinte de la ville. Au milieu du 15e siècle elle est alors un marché aux chevaux important, avant son transfert place du Boulingrin devenue « La Nouvelle Rougemare ». Et l’on ne vend plus sur la petite place que des veaux et des produits fermiers.

C’est alors que dans cet écrin de verdure est édifié la Chapelle Saint Louis, une véritable perle.

Les Bénédictines de Saint Louis s’installent dans ce couvent dont la première pierre fut posée en 1683, et y resterons jusqu’à la Révolution. Son histoire devient alors chaotique et on l’utilise comme magasin de fourrages, avant sa transformation en école où l’on pratiquait la méthode d’enseignement simultané issu de la loi Guizot. Presque en ruines, elle est délaissée, utilisée occasionnellement par le musicien Albert Dupré et comme dépôt de matériel de voirie.

Restaurée intérieurement dans les années 30, elle servira aussi de gymnase municipal.

Classée « Monument Historique » en 1957, une nouvelle vie commence pour elle et à la fin des travaux de 1977, elle devient le lieu culturel que nous connaissons.

Les travaux  tant extérieurs qu’intérieurs lui ont rendu sa splendeur d’antan.

Les amateurs de patrimoine remarqueront aussi de superbes demeures et hôtels particuliers construits du 16e au 19e siècles, certains d’une valeur architecturale incontestable agrémentés de médaillons, d’ornements divers ou d’oriols (l’un des plus beaux de Rouen au n°12), et d’autres comme la maison fantaisiste appelée « Le Vieux Logis » du Maître Huchier Morel à l’angle de la rue du Vert Buisson.

 

© Daniel Caillet, 2018