Si le « Vieux Renard » Louis Chiron pouvait se targuer d’être le plus vieux pilote de l’histoire de la Formule 1, un authentique Rouennais, à un quart de roue, n’avait rien à lui envier.

Né le 29 décembre 1896, Philippe Etancelin débuta sa carrière de pilote en 1927 au Grand Prix de la Marne à Reims. Il le disputa à titre privé au volant d’une Bugatti et il le remporta. Fidèle à la marque pendant 4 saisons, il court ensuite, toujours à titre privé, sur une Alfa Romeo et remporte les Grands Prix de la Marne et de Picardie en 1933. L’année suivante, c’est le triomphe aux 24 heures du Mans avec Luigi Chinetti. Puis, 1935 le voit courir pour Maserati, avec qui il remportera une nouvelle victoire sur le circuit de Pau en 1936.

 

« Phi-Phi » pour les intimes

En 1938, il passe chez Talbot-Lago mais, comme pour de nombreux sportifs, « Phi-Phi » voit sa carrière stoppée net par le second conflit mondial.

En 1946, c’est le grand retour sur Delage puis sur Talbot-Lago et il termine second du Grand Prix d’Albi. Pendant la saison suivante, il est victorieux du Grand Prix de Paris, sur le célèbre circuit de Montlhéry. Il sera toujours bien placé à Marseille, à Monza et sur le circuit tchèque de Brno. Lorsque le championnat du monde de Formule 1 est lancé le 13 mai 1950, Philippe a déjà passé les 53 ans, un âge rédhibitoire dans la plupart des autres disciplines sportives. Il termine 8 e du Grand Prix de Grande-Bretagne en 1950 et il aura participé à douze Grands Prix au cours de sa carrière. Toujours fidèle à sa marque fétiche et concourant à titre privé, il se classera souvent honorablement. Mais au cours des saisons suivantes, il connaîtra des fortunes diverses et ne pourra pas toujours « rentrer dans les points » En 1953, après la Grand Prix de Rouen sur le circuit des Essarts (dont il fut co-créateur), une épreuve qu’il terminera en 3 e position, Philippe Etancelin décide de prendre une retraite méritée, l’année même où le président René Coty le décore de la Légion d’honneur pour les résultats obtenus sur l’ensemble de sa carrière.

Phi-Phi restera ensuite un membre actif du club des anciens pilotes jusqu’à sa mort le 13 octobre 1981 à Neuilly-sur-Seine à l’approche de ses 85 ans. Une plaque sur la maison au n°26 de la rue de l’Industrie dans l’île Lacroix rappelle sa vie rouennaise.