Un beau projet architectural contemporain, enfin, mais qu’on pourrait utiliser à autre chose que des bureaux pour la Métropole. Il faut rappeler aussi qu’il ne sera pas accessible au public mais réservé aux élus. Il sera vide le soir et le week-end. A ce prix, il faudrait que les contribuables puissent un peu profiter du bâtiment !
Pourquoi ne pas imaginer d’autres usages, pourquoi pas une utilisation polyvalente, quelques espaces de prestige pour satisfaire l’égo de quelques-uns, mais aussi des espaces ouvert aux habitants, par exemple un lieu d’exposition, ou le centre d’art contemporain qui manque à la Métropole Rouen Normandie, on pourrait même y adjoindre le panorama XXL lors de son déménagement, si jamais il avait lieu. Cela contribuerait à créer de l’activité sur les quais rive gauche. Et on remettrait en état l’ascenseur du pont Flaubert, fermé depuis plusieurs années, et, peut-être moins coûteux qu’une passerelle, un bac pour piétons et cyclistes entre les deux rives, en attendant un « batobus », qui comme à Paris, permettrait de se déplacer sur la Seine en alternant les dessertes des rives. Mais la première étape, ce serait peut- être la concertation, mais ça n’est pas dans les habitudes locales…

 Jean Braunstein.

 

Photos ci-dessous : destruction du hangar 108.

 

 

 

Nouvel hôtel de la Métropole de Rouen : Catherine Morin-Desailly s’insurge

  Au lendemain du vote du conseil communautaire de la CREA sur la maîtrise d’ouvrage pour son nouveau siège, Catherine Morin-Desailly, sénatrice de la Seine-Maritime et conseillère communautaire est « consternée par la décision prise de se construire un véritable Palais.» «12,5 millions d’euros d’autofinancement et 12,5 millions d’emprunt sur 20 ans, soit un total de 25 millions d’euros, voilà ce que coûtera ce caprice des élus socialistes de l’agglomération», écrit-elle ce mardi 24 juin dans un communiqué.

Pour la sénatrice UDI de Seine-Maritime, et conseillère municipale de la ville de Rouen, « cette décision est incohérente et incompréhensible».

Elle explique ensuite pourquoi elle est à la fois « incohérente » et « incompréhensible » :

– « Incohérente puisqu’elle va à l’encontre même de la politique socialiste menée par le gouvernement Valls qui annonce vouloir faire des économies. En effet, la réforme territoriale voulue par le chef de l’Etat propose de réduire le nombre de régions et à l’horizon 2020, de supprimer les départements. On peut supposer que la disparition donc programmée du Conseil général de Seine-Maritime, laisserait vacant l’Hôtel du département, puisque les agents territoriaux y travaillant actuellement devraient être réintégrés dans d’autres collectivités ayant pris les compétences des départements, et pourrait ainsi accueillir les agents de la future Métropole Rouennaise.»

 Incompréhensible, au vue des diminutions annoncées des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales : 11 milliards d’euros, et non plus 10, comme cela était prévu initialement pour réduire le déficit de la France de 50 milliards d’ici 2017. En 2015, et dans les 2 années qui suivront, c’est une baisse considérable de près de 3,6 milliards d’euros par an que les collectivités territoriales vont devoir supporter.

Catherine Morin-Desailly rappelle que « la Communauté d’Agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe se compose de 71 entités dont Rouen, la ville-centre et ses près de 114 000 habitants, de communes moyennes (entre 30 000 et 5 300 habitants) et 45 petites (de moins de 4 500 habitants). Or l’ensemble des budgets des collectivités vont être impactés par les diminutions drastiques de leurs dotations globales de fonctionnement versées par l’Etat. A l’heure où dans un document diffusé par Matignon, il est question d’ « encourager les comportements vertueux et renforcer les mécanismes de solidarité financière entre collectivités riches et défavorisées », le président de la CREA devrait aujourd’hui prendre la mesure des difficultés financières des communes de son territoire à qui on impose de nouvelles charges de fonctionnement (rythmes scolaires), de l’indécence d’un tel projet dans la conjoncture actuelle et se raviser de construire un « Palais à la gloire de la CREA ».

Catherine Morin-Desailly en appelle à la raison Frédéric Sanchez, l’actuel président socialiste de la Crea et futur président de la Métropole Rouen Normandie : « Monsieur le Président, renoncez à ce projet pharaonique et mettez les moyens financiers qui devraient y être investis au service des projets des communes de notre territoire ». Et de rajouter, « C’est un très mauvais signal, Monsieur, que vous envoyez aux collectivités locales mais également aux seinomarins qui aujourd’hui ne peuvent comprendre de telles dépenses somptuaires dans le contexte que nous connaissons »…

Paris Normandie